Des bandes dessinées de la CICAD font polémique dans les écoles
Mis en cause après les critiques visant deux de ses bandes dessinées utilisées dans les écoles genevoises, le secrétaire général de la CICAD, Johanne Gurfinkiel, rejette fermement les accusations d'orientation politique ou religieuse. Il dénonce une «non-affaire» et n'exclut pas une action en justice.
La polémique autour des supports pédagogiques de la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD) continue de faire réagir. Après les critiques relayées par la Tribune de Genève, selon lesquelles plusieurs enseignants jugent ces bandes dessinées orientées et remettent en cause la place de l'association dans les écoles, Johanne Gurfinkiel défend sans concession le travail de son organisation.
«Nous sommes face à une non-affaire», affirme le secrétaire général de la CICAD, qui déplore des «accusations diffamatoires et calomnieuses lancées par un anonyme». L'association étudie désormais «la piste juridique» et souhaite savoir si la Fédération des enseignants genevois (FEG) est réellement à l'origine des critiques publiées.
«On a totalement inversé l'objet de la bande dessinée»
L'un des passages incriminés évoque un jeune musulman rapportant que son cousin affirme que «haïr les Juifs est un devoir religieux». Pour Johanne Gurfinkiel, cette lecture sort complètement l'ouvrage de son contexte.
«On a totalement inversé l'objet même de la bande dessinée», estime-t-il. Selon lui, le récit montre avant tout «deux enfants capables de faire abstraction des discours de haine pour construire la fraternité et la solidarité».
Il réfute également les critiques sur l'absence de contexte historique autour du conflit israélo-palestinien. «On ne parle pas d'histoire du Proche-Orient. L'objectif est de mettre en perspective les préjugés antisémites qui existent depuis l'Antiquité», rappelle-t-il, en soulignant que ces ouvrages ont été publiés en 2011 et 2022.
Ouvert au dialogue
Alors que la FEG souhaite ouvrir une discussion avec le Département de l'instruction publique (DIP) sur ces supports pédagogiques, Johanne Gurfinkiel affirme n'avoir reçu «aucune demande de dialogue».
«La discussion est toujours salutaire. Nous aurions été les premiers à la demander», assure-t-il, rappelant que les contenus sont élaborés par des spécialistes de la pédagogie, des historiens et d'autres experts.
Enfin, le secrétaire général replace cette polémique dans un contexte plus large de recrudescence des actes antisémites. Il rappelle que la CICAD a recensé 2'438 actes antisémites en 2025, dénonçant un climat qu'il juge «extrêmement virulent».