Tennessee: femme dans un état critique après son exécution ratée
Christa Pike a été transférée dans un hôpital après son exécution ratée, où elle se trouve dans un état critique.
Photo: KEYSTONE/AP/George Walker IVLa condamnée qui a survécu à deux injections létales dans le Tennessee, Christa Pike, se trouvait toujours dans un état critique jeudi, au lendemain de l'échec sans précédent de cette exécution. Le Tennessee a suspendu jusqu'à nouvel ordre les exécutions.
Il a ordonné une enquête indépendante après la mise à mort manquée mercredi soir de Christa Pike, 50 ans, qui devait être la première femme exécutée depuis plus de 200 ans dans cet État du Sud des Etats-Unis.
'Ce qu'on nous a dit, c'est qu'elle est dans un état critique', a déclaré un de ses avocats, exhortant le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, à 'commuer la peine de Christa maintenant'.
'Après avoir subi plus de 20 ans de détention à l'isolement et une tentative complète de la tuer par injection létale, Christa est la personne qui a subi le plus grand châtiment de toute l'histoire de la peine de mort aux États-Unis', a-t-il fait valoir.
Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a appelé le Tennessee à renoncer définitivement à l'exécuter, soulignant 'les souffrances prolongées, tant physiques que psychologiques, causées par plusieurs tentatives d'exécution infructueuses'.
Moratoire
Le gouverneur, qui avait déjà refusé lundi de commuer sa peine, a laissé entendre qu'il n'avait pas renoncé à l'exécution de Christa Pike. 'Ma responsabilité est de faire appliquer les sentences prononcées par les jurys du Tennessee, même lorsque c'est difficile, et c'est exactement ce que nous avons l'intention de faire', a déclaré jeudi Bill Lee.
'Ce qui est sans précédent est qu'une personne reçoive deux doses de solution létale et soit encore vivante après', a expliqué Laura Porter, directrice d'une coalition d'organisations américaines luttant pour l'abolition de la peine de mort.
L'administration pénitentiaire du Tennessee a affirmé avoir suivi à la lettre le protocole adopté depuis la reprise des exécutions dans l'État en mai 2025, après un moratoire de trois ans. Le gouverneur l'avait décrété à l'époque en raison de défaillances dans la vérification de la solution mortelle administrée à un condamné.
Selon des témoins et ses avocats, Mme Pike a continué à respirer et à ronfler de façon audible après deux injections de pentobarbital, un puissant barbiturique.
'Plusieurs fois, elle a regardé dans la pièce. A un moment, elle a demandé à des responsables de la prison si elle était censée se sentir comme cela', a raconté Kim Chandler, une journaliste de l'agence Associated Press, présente à titre de témoin.
Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, alors qu'elle-même avait 18 ans. Ses deux complices, également adolescents, ont échappé à la peine de mort.
/ATS