Réforme de la police lausannoise: premières mesures concrètes
Le chef de la police judiciaire Stéphane Volper assure l'intérim de la police lausannoise depuis le 1er juillet dernier, jusqu'à la désignation d'une ou un nouveau commandant (archives).
Photo: Keystone/CYRIL ZINGAROLa réforme en profondeur de la police lausannoise se concrétise. Parmi les premières mesures prises par la Ville: une gouvernance renforcée, des formations obligatoires, des espaces de dialogues plus directs et un meilleur accompagnement du personnel et des cadres.
Ces décisions prioritaires ont été validées par la Municipalité dans le cadre de la 'Réforme 2030', fondées sur le rapport final d'André Duvillard, ancien délégué du réseau national de sécurité et ancien commandant de la police neuchâteloise, indique mardi la Ville de Lausanne dans un communiqué. 'Elles visent à renforcer la coordination opérationnelle, l'accompagnement du personnel et le dialogue avec l'autorité politique', résume-t-elle.
Ce rapport vient compléter le rapport intermédiaire présenté en février dernier. Il débouche donc sur un premier plan de mesures concrètes. Ses conclusions ont été étayées par des groupes de discussions organisés au printemps avec des représentants de tous les niveaux hiérarchiques, des policières et policiers en formation ainsi que l'Association des fonctionnaires de police de Lausanne (AFPL).
Ces dernières années, la police municipale a été secouée par plusieurs crises: groupes Whatsapp sexistes et racistes, mort de deux jeunes scootéristes alors qu'ils fuyaient la police ou encore décès lors d'interventions policières musclées. Objectifs de cette grande réforme en profondeur: détecter les problèmes de racisme et de sexisme ainsi qu'améliorer le climat de travail et l'organisation de la police en faveur aussi bien des agents que de l'ensemble de la population.
Prévention des discriminations
Le domaine des ressources humaines a été pleinement intégré au commandement et réorganisé, relève la Ville. 'Cette évolution vise à mieux accompagner les collaboratrices et collaborateurs dans leur carrière, à identifier et valoriser la relève interne et à renforcer l'encadrement des policières et policiers en formation'.
Une formation continue obligatoire destinée à l'ensemble des cadres policières et policiers sera par ailleurs déployée, dès ces mois de novembre et décembre. Intitulée 'Mieux comprendre pour mieux agir', elle porte sur la prévention des discriminations et les compétences transculturelles, est-il précisé. Trois journées-pilotes permettront de tester cette formation, avant son déploiement pour l'ensemble des cadres en 2027 et 2028.
Elaborée avec l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) et l'entité Diversité communautaire de la police municipale, elle s'appuie sur des exemples provenant du terrain. 'Elle vise à améliorer la compréhension des situations rencontrées, à prévenir les discriminations, à désamorcer les tensions et à renforcer la confiance avec la population', souligne-t-on.
Le commandant ad interim Stéphane Volper a ouvert un canal de dialogue direct avec les collaboratrices et collaborateurs, en complément des échanges hiérarchiques. Huit rencontres sont prévues d'ici la fin de l'année, destinées aux cadres et à l'entier du personnel, annonce aussi la Ville.
/ATS