Culture

Le mudac à Lausanne explore les relations entre magie et design

04.11.2026 16h15

Le mudac à Lausanne explore les relations entre magie et design

Le mudac à Lausanne présente deux expositions consacrées aux relations entre magie et design.

Photo: Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Le musée cantonal de design et d'arts appliqués contemporains (mudac) consacre une double nouvelle exposition à la magie et au design. Jusqu'au 11 avril 2027, 'Hocus Pocus' et 'Rencontrologie' explorent les liens entre création contemporaine et pratiques magiques.

'Longtemps opposée à la rationalité moderne, la magie n'a pourtant jamais cessé d'accompagner les sociétés humaines. Elle façonne nos récits, nos croyances et nos cultures matérielles, elle interroge notre rapport au visible et à l'invisible, à la technique et à l'émotion, au réel et à l'illusion,', notent en préambule les responsables du musée.

'Comme le design, elle mobilise des objets, des dispositifs et des savoir-faire pour produire des expériences, susciter l'émerveillement et transformer nos manières d'habiter le monde. En réunissant designers, artistes, chercheurs et praticiens de différents horizons, cette nouvelle saison interroge les résonances entre magie et design, pour nous ouvrir les voies du monde de l'invisible', ont-ils résumé mercredi.

Ingéniosité et détournement

La première exposition, 'Hocus Pocus', met en lumière les liens entre magie et design de la fin du 19e siècle à nos jours. 'A travers les figures de grands illusionnistes, les inventions techniques, les arts populaires et les imaginaires du spiritisme, elle montre comment les designers - à l'image des magiciens - mobilisent innovation, mise en scène et illusion pour produire fascination et émerveillement', explique le mudac. L'exposition révèle une histoire commune, faite d'ingéniosité et de détournement.

Cette exposition a été imaginée par Alexandra Midal, professeure ordinaire à la HEAD-Genève et commissaire d'exposition indépendante, en collaboration avec le mudac. Elle évoque notamment la figure de Jean-Eugène Robert-Houdin (1805-1871), premier magicien moderne, ou celle de l'illusionniste Harry Houdini (1874-1926), le 'roi des menottes', qui mettait en scène des évasions spectaculaires devant les foules.

Autres gros plans, l'effacement et l'invisibilisation de la pionnière du film de fiction Alice Guy (1873-1968) dans l'histoire du cinéma, ainsi que l'histoire d'Henry Brown (1815-1897) qui, en 1848, alors qu'il était encore esclave aux Etats-Unis, décidait d'échapper à son sort en se faisant expédier par voie postale, caché dans une simple caisse. Sous le nom de 'Box Brown', il s'est ensuite produit comme magicien et est devenu un symbole de la lutte contre l'esclavage des Afro-Américains.

Mondes invisibles

En parallèle, 'Rencontrologie' déplace pour sa part le regard vers des pratiques magiques contemporaines envisagées comme des technologies relationnelles. Réunissant installations immersives, objets rituels, oeuvres spéculatives et une sélection de pièces issues de la collection du mudac, l'exposition explore d'autres manières d'entrer en relation avec le vivant, les non-humains et les mondes invisibles.

'En proposant des formes inédites de dialogue entre design, invisible et écologie, l'exposition invite à imaginer de nouvelles façons d’être au monde, faisant du design un médiateur entre des réalités multiples', relève le mudac.

'Hocus Pocus' et 'Rencontrologie' sont à découvrir à Platforme 10, le quartier des arts de Lausanne, dès vendredi.

/ATS