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Le gouverneur de Californie annonce commuer les peines de mort

05.11.2026 21h14

Le gouverneur de Californie annonce commuer les peines de mort

Le gouverneur Gavin Newsom a annoncé sa décision dans une lettre envoyée aux Californiens (archives).

Photo: KEYSTONE/EPA/CHRIS TORRES

Le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom a annoncé jeudi qu'il commuait les peines des 548 détenus du couloir de la mort de l'État en réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle, au nom de la 'dignité humaine'.

'Je prends cette décision parce que je suis fermement convaincu que le fait, pour l'État, de donner la mort est incompatible avec les valeurs de la Californie, sape les fondements de notre système judiciaire et nous amoindrit tous', écrit-il dans une lettre adressée aux Californiens.

Gavin Newsom, dont une candidature à la présidentielle de 2028 est largement évoquée, avait déjà instauré un moratoire sur les exécutions en 2019, peu après son entrée en fonction.

Ce nouveau geste contre la peine de mort pourrait renforcer sa stature auprès des électeurs du Parti démocrate en vue de la primaire. La Californie, qui possède l'une des plus importantes populations de condamnés à mort au monde, n'a procédé à aucune exécution depuis 2006. Mais les tribunaux continuaient d'infliger la peine capitale aux personnes reconnues coupables de meurtre et d'autres crimes graves.

Dans sa lettre, le gouverneur dit prendre cette décision - qualifiée de l'une des plus 'difficiles' de sa carrière - 'non pas parce que je doute qu'elle soit nécessaire pour notre État, mais parce que je sais que son annonce risque de raviver des souvenirs douloureux pour les familles des victimes'.

Il y explique avoir commué toutes les peines de mort afin de ne pas créer de hiérarchie entre les victimes ou les crimes, estimant que tous les condamnés devaient être soumis à la même sanction maximale, la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle.

'Sujette aux erreurs et inhumaine'

La grande association américaine de défense des droits, l'ACLU, a salué cette annonce, estimant que 'ces commutations reflètent ce qu'exige la justice: mettre fin à une peine raciste, sujette aux erreurs et inhumaine, qui pèse sur la Californie depuis bien trop longtemps.'

Cette décision intervient alors que le débat sur la peine capitale aux États-Unis a été ravivé après l'échec sans précédent de l'exécution de Christa Pike dans le Tennessee, une condamnée qui a survécu en octobre à deux injections létales avant d'être hospitalisée en urgence dans un état critique.

Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, avait également déclaré le mois dernier vouloir diffuser en direct l'exécution par peloton d'exécution de l'auteur d'un attentat sur une base militaire.

Face à l'indignation soulevée aussi bien par la droite que par la gauche, ainsi que par l'Église catholique et les Nations unies, Donald Trump était revenu sur cette décision, affirmant que Nidal Hasan serait bien exécuté par l'armée le 3 décembre mais sans diffusion.

L'immense majorité des exécutions dans le pays relève des États, les exécutions fédérales étant rares.

La peine de mort a été abolie dans 23 des 50 États américains. Trois autres, la Californie, l'Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions.

/ATS