«La justice a été trompée», Tariq Ramadan demande la révision de son procès à Genève
Entouré de ses avocats, l'islamologue a présenté à Paris les conclusions d'une expertise stylométrique montrant que la plaignante Brigitte serait l'auteure de messages anonymes ciblant Tariq Ramadan quelques jours avant leur rencontre. Il demande la révision de son procès.
«TR a du souci à se faire» ou encore «la torpille est en prépa», voici des messages anonymes publiés sur un blog en octobre 2008 que Tariq Ramadan attribue aujourd'hui à la plaignante suisse Brigitte, expertise stylométrique à l'appui. «On sait aujourd’hui que tout cela ne relève pas du hasard, mais d’un plan, d’une machination, d’une torpille en préparation», clame Me Yaël Hayat, avocate de Tariq Ramadan.
Porteuse d'espoirs pour la justice, cette discipline scientifique permet, à travers l'analyse d'un texte et de son style, d'en identifier l'auteur. Tel avait notamment été le cas en marge de l'affaire de la disparition non élucidée du petit Gregory, la stylométrie ayant été utilisée pour identifier l'origine de courriers anonymes.
«Tromperie de la justice»
Aujourd'hui à Paris au sein du cabinet Garbarini & Associés, entouré de nombreux de ses avocats ont exposé ce qu'ils considèrent comme une «tromperie de la justice», preuve de la «duplicité» de Brigitte, plaignante suisse ayant récemment fait condamner définitivement Tariq Ramadan à trois ans d'emprisonnement pour viol et contrainte sexuelle.
Une demande de révision du procès genevois sera prochainement déposée à la lumière de ces «éléments nouveaux». «La justice doit se remettre au travail pour identifier qui a participé à ce plan et permettre de déterminer si complot il y a», clame Me Guerric Canonica, avocat de Tariq Ramadan.
Une affaire terminée pour la défense de la plaignante
«Ce sont trois mots collés les uns à côté des autres et on va nous dire que c’est Brigitte qui les a tenus? […] ce n'est pas sur cette base-là que l’on va rouvrir un procès», estime Me Catalina de la Sota, de l’étude parisienne Zimeray & Finelle.
Pour les avocates de Brigitte, tant du côté français que du côté suisse, l’annonce surprend. Elles s’accordent sur le fait qu'une demande en révision est irrecevable sur la base des éléments présentés. «Ces éléments prétendument nouveaux ne tiennent absolument pas la route. […] Pour Brigitte, l’affaire est terminée, la personne qui lui a fait du mal a été condamnée à juste titre et il n’y a pas lieu de revenir là-dessus», déclare Me Véronique Fontana, son avocate lausannoise.