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18 novembre 2016 - 11h56

BIM 2016, un événement audacieux qui fait du bien

Avis aux amateurs de films et d’installations vidéo, la Biennale de l’image en mouvement est l’événement incontournable de cette fin d’année 2016. Pour sa 15ème édition – mais seulement deuxième de la version 2.0 lancée en 2014, le Centre d’art contemporain présente 27 œuvres inédites à découvrir dans ses espaces ainsi qu’au Mamco, au Cinéma Spoutnik et à l’Usine.

 

 

Rassemblant des artistes visuels, des cinéastes et des artistes de la performance, la Biennale offre un aperçu sur le travail de ceux qui, loin des médias artistiques traditionnels, occupent une place grandissante dans la sphère de l’art contemporain. 

 

Des intentions fortes

Utilisé comme outil principal ou comme composante de l’ensemble narratif, le procédé cinématographique autorise le traitement de sujets complexes et inspire aux artistes des réflexions vives sur les perceptions et l’état des sociétés contemporaines. Les thèmes du pouvoir, du genre, de l’exploitation des ressources humaines et naturelles ou encore de notre rapport au monde et aux êtres apparaissent comme récurrents au sein de cette nouvelle sélection.

Le spectateur, transporté par les expériences visuelles et sensorielles, se prend au jeu et vogue dans ces univers tour à tour sensibles, déroutants et envoûtants.

 

L’installation multimédia vectrice d’immersion

Ces artistes nous transportent parfois au cœur même de leurs origines, à l’image de Phoebe Boswell (1982), née d’une mère kényane et d’un père colon britannique. Avec Mutumia, l’artiste réalise une installation multimédia immersive qui retrace l’utilisation du corps comme instrument de résistance par les femmes africaines lorsque la parole leur était interdite.

Dotée d’un talent de dessinatrice hors pair, Boswell se forme en animation et utilise ce médium afin d’explorer et matérialiser ses racines africaines. Une recherche qui aboutit dans des installations minutieuses élaborées à partir de récits de vie et de souvenirs personnels, comme avec The Matter of Memory (2014), une immersion puissante dans l’histoire coloniale du Kenya et de l’identité de l’artiste.

 

Les réalités fascinantes du film documentaire

La sélection de films (co-)produits et présentés par le Centre revêt un caractère documentaire notable à l’instar de The Challenge, réalisé par Yuri Ancarani (1972) et récompensé au Festival International du Film de Locarno avec un Prix Spécial du Jury.

Le film narre dans une dimension monumentale les coutumes de la société qatarie originellement bédouine et profondément transformée par un essor économique fulgurant. Le réalisateur italien suit les pas de Khaled et s’intéresse à la perpétuation des traditions dans ce pays en plein bouleversement, à travers la vénération du faucon – animal sacré des Qataris – ou  encore l’aménagement du rituel de la prière en pleine course de bikers dans le désert.

The Challenge propose un témoignage sans jugement ni critique sur la vie quotidienne de ces habitants du golfe Persique, et tire son titre de l’entreprise colossale qu’a constitué la création de ce film où chaque scène tournée était synonyme de nouvelle fascination.

En parallèle de l’exposition de films et d’installations, la Biennale comprend un programme de performances, de premières et de rencontres avec les artistes, ce qui en fait un événement unique dans le paysage culturel genevois.

Go Out

Biennale de l’image en mouvement
Centre d’Art Contemporain Genève
Jusqu’au 19 janvier 2017
biennaleimagemouvement.ch