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11 février 2021 - 20h02

Commerces : un projet de loi "de la honte" ?

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DÉBAT. D’un côté, Mauro Poggia, conseiller d’État en charge du département de la sécurité, l’emploi et de la santé, vient défendre le nouveau projet de loi qui encadre les ouvertures dominicales. De l’autre, Pablo Guscetti, secrétaire syndical de l’Unia, trouve que ce projet de loi va uniquement dans le sens des entreprises. 

« Avant le projet de loi, il fallait une convention collective pour ouvrir le dimanche. Le projet de loi du Conseil d’État bafoue cette protection » attaque dès le début Pablo Guscetti, pointant ensuite l’élargissement des horaires du samedi, principale revendication syndicale.Ce qui ne plaît pas à l’élu genevois : « Au-delà des termes excessif, voire injurieux, il est temps que les syndicats comprennent que la meilleure façon de préserver nos emplois, c’est avant tout de soutenir l’économie. (…) Je crois qu’il y a une obstruction systématique de la part des syndicats », avant de relever que ces ouvertures le dimanche permettent de concurrencer les commerces de l’autre côté de la frontière. Mauro Poggia parle ensuite des avantages laissés aux salariés qui travaillent le dimanche, c’est-à-dire une meilleure paye ce jour-là ou un rattrapage en congé, le tout avec un volontariat laissé aux salariés. 

« C’est une bouffée d’oxygène pour nos commerces »

L’élu explique ensuite les avantages de ce projet, qui permet selon lui « de mieux résister face à la concurrence. » Sachant que pour rappel, la nocturne du jeudi est supprimée. « Il y a plein d’études qui montrent la libéralisation des horaires d’ouverture favorisent les grands magasins. 90% des magasins à Genève comptent moins de dix employés et il y a un souci de cohérence total. » Ce projet vise uniquement des mesures économiques selon lui, avant de défendre les conditions de travail des salariés. Mais est-ce que cela profite uniquement aux gros ? Pour Mauro Poggia, « le but c’est d’ouvrir quand c’est rentable. On enfonce des portes ouvertes ! », avant de répéter son discours précédent, où il pointe les syndicats comme des « adversaires systématiques sur des positions totalement dogmatiques. » Doit-on s’attendre à un recours ? ‘Si les vendeurs et vendeuses nous donnent un mandat pour lancer un référendum, c’est clair qu’on le lancera. » Affaire à suivre, donc.

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