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12 mars 2016 - 14h34

«J’ai travaillé pour subventionner ma collection»

Le grand collectionneur et mécène Jean-Paul Barbier-Mueller nous a reçu chez lui pour le grand entretien du Geneva Show. Passionné par l’art, l’histoire et la littérature du XVIème siècle, il évoque ses premiers émois de collectionneur, ses réussites professionnelles et l’amour indéfectible qu’il porte à son épouse depuis près de soixante ans, Monique, dont il a décidé d'apposer le nom de famille au sien.

Collectionneur dès 13 ans

Jean-Paul Barbier-Mueller raconte la première acquisition de sa collection littéraire, la version originale d’un roman de Charles-Ferdinand Ramuz dont il avait déjà lu toute l’œuvre, «Vie de Samuel Belet». Il entreprend ensuite de prendre contact avec l’auteur, qui lui retourne le livre dédicacé «À Monsieur Jean-Paul Barbier».

C’était la première fois qu’on m’appelait Monsieur. J’avais 13 ans. La dédicace de Ramuz est datée de 1943. »

Le hasard de cet achat effectué dans une petite librairie du Bourg-de-Four réveille ensuite en lui une passion dévorante pour l’acquisition d’éditions originales de tous les auteurs qu’il lira.

L’art, un moteur professionnel

Entrepreneur à succès, Jean-Paul Barbier-Mueller fonde en 1960 la Société Privée de Gérance (SPG), aujourd’hui empire de l’immobilier à Genève. Il confie que ce n’est pas l’immobilier qui lui a permis de bâtir son impressionnante collection, mais son désir de collectionner qui l’a forcé à travailler avec acharnement.

J’ai vécu toute ma vie professionnelle en travaillant comme un fou pour subventionner les achats de ma collection. Et c’est comme ça que la SPG est devenue une très grande société. »

L’amour de sa vie, Monique

Ciment de sa vie, Monique Barbier-Mueller est l’épouse de Jean-Paul. Un amour qu’on voit briller dans les yeux du collectionneur lorsqu’il parle de celle qui l’accompagne depuis près de soixante ans.

Hier soir, je suis allé déposer un poème d’amour sur son oreiller alors qu’elle travaillait dans son bureau. Ça m’a rappelé mes 22 ans, lorsque je l’ai rencontrée. »

Jérémy Seydoux
@JeremySeydoux