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09 février 2021 - 17h58

L'Etat souhaite renforcer le système social d'ici 2030

En 2020, la demande d’aide sociale a augmenté de 20% à Genève. Un chiffre déjà en hausse depuis plusieurs années mais mis en lumière par la crise sanitaire. Face à ce constat, l’Etat a présenté ce matin son plan d’action cantonal contre la précarité. Un plan attendu depuis longtemps par les associations concernées.  

Renforcer le système social et en corriger les failles. C’est dans un contexte de crise sanitaire, sociale et économique que le Conseiller d’Etat en charge de la cohésion sociale a présenté son plan d’action cantonal contre la précarité à l’horizon 2030.

Un plan détaillé en sept objectifs. Parmi lesquels la simplification des procédures administratives, ou encore prévenir les situations de précarité par le biais par exemple d’un meilleur accompagnement en cas de surendettement. Ou encore créer de nouveau concept d’hébergement d’urgence ou de logement social.

Les associations attendaient ce plan

Un plan d’actions attendu depuis longtemps par les associations du milieu. Plus précisément depuis la publication sur le rapport de la pauvreté à Genève, en 2016. «Il y a toute une série d’axes qui correspondent à ce que nous relevons également comme problèmes», s’exprime Alain Bolle, directeur du Centre social protestant de Genève. Un enthousiaste rejoint par le directeur de Caritas Genève. «Cela me réjouit, car j’y voit des priorités pour lesquelles nous avons beaucoup travaillé avec l’Etat», explique Dominique Froidevaux.   

Car si la crise actuelle a mis en lumière la problématique, les demandes d’aide sociale sont en augmentation depuis plus de 10 ans à Genève. «C’est un peu la lumière dans la face sombre du Covid, explique Alain Bolle. La crise a forcé à trouver des majorités et à faire bouger les choses.» 

Après les objectifs, les faits

Si les acteurs du milieu se disent satisfaits de ces objectifs fixés, ils attendent maintenant des faits concrets. «Ce qui manque un peu, comme toujours, c’est une adhésion en termes de budget, combien et quels moyens seront alloués à ces objectifs », précise Dominique Froidevaux.    

Un plan dévoilé alors que les Genevois voteront le 7 mars prochain sur un fond de 15 millions pour venir en aide aux personnes les plus touchées par la crise.

Thierry Apothéloz : « Pour que l’État quitte son rôle d'État infirmier »

Le conseiller d’État et directeur du Département de la cohésion sociale (DCS) nous parle de son plan contre la précarité

Face à Céline Argento, Thierry Apothéloz montre sa volonté d’agir : « Ça paraît insensé qu'en 2021 Il y ait encore un certain nombre de personnes qui soit méconnaissent soit n'arrivent pas à accéder à des droits. (…) plus on fait de la prévention, puis on a la possibilité de régler des situations, donc c'est vraiment un premier axe qui est celui de l'accès au droit. » Mais derrière ce plan, qui ne déplaît pas aux associations, faut-il y croire ? « C’est ma compétence dans le domaine social qui est reconnue, lance le conseiller d’État. Mon combat politique, c’est que nous puissions aborder le domaine social d’une autre façon que celui d’être dépensier.

Un bilan chargé de chiffres forts

18% de la population genevoise vit à plus d’une personne par pièce, 6% des Genevois sont à l’aide sociale : c’est des chiffres très concrets que l’on peut lire dans son rapport. Toutefois, Céline Argento relève plusieurs termes « poncifs  » présents dans le texte, parlant d’un gouffre entre les faits et les propositions. Ce à quoi répond le Conseiller d’État : « je propose un cap. Quand j’évoque l’idée d’un projet de loi sur le surendettement, c’est très concret, quand j’aborde la question du non-recours c’est extrêmement concret. » Toutefois, comme il le précise, ce n’est ni un calendrier, ni une feuille de route.

Dans ce plan contre la précarité, plusieurs réformes sont attendues : on parle d’une meilleure prise en charge pour les indépendants, de la suppression de doublons pour le sans-abrisme avec l’arrivée l’idée d’une plateforme inter-organismes. 

Le Covid n’est jamais bien loin

Le 7 mars prochain, les Genevois vont voter sur l’aide de 15 millions de francs pour les personnes qui n’ont rien touché durant le Covid, un après le début de la pandémie et plus de six mois après le vote du parlement. « Deux partis ont obtenu des signatures contre ce projet, je regrette tout comme vous que l’on en soit toujours au même point. » Avant de revenir sur les contrôles de sans-abris à Thonex, justement où les colis du coeur ont annoncé aujourd’hui la fermeture de leur centrale. « Les personnes seront réorientées vers d’autres lieux de distribution. » Va-t-il y avoir des réactions ? « Non, les gardes-frontière font leur travail, nous devons vérifier qu’il n’y a pas de chasse comme les associations l’ont mentionné. » Si la chasse est interdite à Genève, cela vaut aussi pour les êtres humains.

Lea Job , Martin Esposito

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