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15 janvier 2021 - 15h24

"La Confédération doit emprunter", l'interview de Jean-Pierre Danthine

Selon l’ancien vice-président de la Banque nationale suisse Jean-Pierre Danthine, emprunter aujourd’hui à des taux d’intérêts négatifs « est un cadeau que le reste du monde nous fait ». L’économiste plaide pour une aide « généreuse » de la part de l’Etat à l’économie suisse en pleine période COVID.

« Il faut à tout prix éviter les cicatrices » du tissu économique et productif. Pour Jean-Pierre Danthine actuel directeur du centre de recherche économique sous égide de l’EFL, de l’Université de Lausanne et de l’IMD Business School, l’Etat ne doit pas se montrer « pingre » face à la crise économique due au COVID 19.

L’aide doit, selon lui, passer par un emprunt massif de la part de la Confédération. Grâce aux taux d’intérêts négatifs, l’Etat peut « emprunter tout ce dont [il] a besoin pour aider l’économie » aujourd’hui à coûts moindres.

Non à l’intervention de la BNS

L’ancien vice-président de la Banque nationale suisse (BNS) est en revanche contre toute intervention de la BNS, qu’il s’agisse de puiser dans les bénéfices ou de « faire fonctionner la planche à billet ». Selon Jean-Pierre Danthine, une telle approche non seulement contreviendrait à l’indépendance de l’institution fédérale mais aurait surtout pour effets de coûter cher et de renchérir le franc suisse de façon particulièrement délétère pour les exportations.

Et le libéralisme dans tout ça ?

Réclamer l’aide de l’Etat en pareille situation ne contrevient pas aux principes du libéralisme, selon Jean-Pierre Danthine. Bien au contraire. Cette aide constitue pour lui une forme d’assurance contre des risques purement économiques. Et dans le cas d’un choc de l’ampleur de la crise sanitaire du COVID-19, cette « assurance doit être fournie par la collectivité dans son ensemble ».

La Suisse devrait renouer avec la prospérité fin 2021

Pour autant qu’on ait bien géré la crise, « il n’y aura pas de blessure permanente » selon Jean-Pierre Danthine. Sans autre déception due aux vaccins, la situation économique pourrait ainsi revenir à son statut ante-quo crise du COVID 19 à la fin de cette année en Suisse mais aussi à l’international. 

Malgré des dettes colossales contractées par les Etats. « On a l’éternité devant nous pour éponger les dettes publiques. »

 

Laetitia Guinand

 

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