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29 octobre 2020 - 18h14

La culture au bord du gouffre

L’annonce est tombée hier comme un couperet: pas plus de 50 spectateurs pour les manifestations culturelles. Conséquence des annulations en cascade de spectacles et de concerts. Les plus touchés: les grands événements et les salles avec des jauges importantes de spectateurs. 

Dans la solitude de 50 personnes

Les sièges en velours pourpres sont vides. Et ils risquent bien de le rester. Le Grand Théâtre  annule ses prochaines représentations. Son opéra "L’affaire Makropoulos" est déprogrammé  après seulement deux soirées. Une décision d’annuler prise par un directeur dégouté. « Ça ne fait ni du sens au niveau artistique, ni du sens au niveau entreprise d’ouvrir cette salle dans la solitude de 50 personnes dans une salle de 1500 places» développe Aviel Cahn. Mêmes conséquences immédiates dans les salles avec des jauges importantes. Le Victoria Hall annule ses prochains spectacles ainsi que le théâtre de Carouge. Cyrano de Bergerac n’aura fait qu’un passage éclair sur les planches: la première d’hier soir. Mais la grande scène carougeoise prévoit des activités en format réduit autour de sa pièce pour maintenir le lien avec le public. 

«50 personnes qui ont envie de vous écouter c’est quand même quelque chose.»

Dans les théâtres et salles de concerts plus réduites la pilule passe un peu moins mal. A l’AMR la musique ne s’arretera pas. Tous les concerts de novembre sont maintenus. Mais avec des restrictions strictes:  bars fermés, places assises et masques obligatoires. Un moindre mal pour l'administrateur de la salle de jazz François Tschumy: « 50 personnes ça reste un concert pas tristounet. 50 personnes qui viennent et qui ont envie de vous écouter c’est quand même quelque chose. C'est important ça.»

Cet après midi le conseiller d’Etat en charge de la culture a fait part de son agacement suite à la décision hier du Conseil fédéral. Une décision qui ne fait que renvoyer la balle aux cantons réagit-il. 

Dans un communiqué diffusé aujourd’hui, les organisateurs de spectacles et de festivals comme le Paléo ou le Montreux Jazz se disent au bord du gouffre. Ils demandent une mise en oeuvre rapide et durable de soutiens financiers et à être impliqués dans la mise en oeuvre de futurs protocoles de protection.

Delphine Palma  

 

 

 

Sami Kanaan se dit inquiet du sort du secteur culturel:

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