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02 septembre 2020 - 19h15

La nouvelle décharge de mâchefers revient sur la table

Chaque jour à la décharge de Châtillon à Bernex, des tonnes de mâchefers sont déversées. Les mâchefers, ce sont les matières non brûlées après incinération des déchets. Ils prennent la forme de graviers et blocs grisâtres, avec encore quelques éléments non incinérés comme des morceaux de procelaine ou des petites cuillères. Des matériaux à placer en décharge sécurisée. «Les mâchefers sont placés dans un trou avec en dessous une couche étanche, et des tuyaux pour récupérer l'eau possiblement polluée et la traiter en STEP» explique le directeur des Cheneviers Thierry Gaudreau. Une fois la décharge pleine, une couche sera appliquée par dessus avant la renaturation du site. 

Avant de gérer les mâchefers, tout commence aux Cheneviers. Chaque jour y arrivent 800 tonnes de déchets. Après incinération, il reste cette fameuse masse de 20% non brûlée. Il est possible actuellement d’en extraire les métaux, à Satigny. Mais le reste part donc à Châtillon. La décharge étant saturée au printemps prochain il en faut une nouvelle. Mais le projet stagne depuis des années. «Nous avons constitué un groupe de travail. Mais au fil des années nous avons fait face à quelques péripéties. Nous sommes maintenant au pied du mur» explique le directeur de l'office cantonal de l'environnement Daniel Chambaz. 

Treize communes ont été repérées pour installer la prochaine décharge. Trois sont favorites : Satigny, Collex-Bossy et Versoix. Mais ces dernières n’en veulent pas. D’où les pétitions il y a deux ans qui ont gelé le projet, et la même opposition réitérée en juillet à l’Etat par les communes. «L'enfouissement des déchets c'est un système du passé il faut arrêter maintenant ! De nombreuses décharges de nos jours sont rouvertes pour être traitées et dépolluées alors que l'on nous assurait dans le passé que tout irait bien» s'indigne le conseiller administratif de Satigny Willy Cretegny. 

À terme, un potentiel de remplissage de quatre-cents piscines olympiques pour les trente prochaines années. L’office cantonal de l’environnement veut rassurer. Le trou sera creusé petit à petit, et stoppé si d’autres solutions sont trouvées. Il rappelle aussi que ces décharges sont strictement encadrées.  

Les communes, et le Grand Conseil, demandent aussi que ces mâchefers soient valorisées. Dans le monde, des procédés existent pour extraire les polluants des mâchefers, produisant un sable ensuite utile comme matériau de construction. Genève mène des tests concluants depuis plusieurs années. Mais la Suisse l’interdit. «Notre démarche maintenant c'est de convaincre Berne que ce sable traité est inoffensif et peut-être utilisé dans la construction» rappelle Daniel Chambaz. 

Il serait possible ainsi de recycler 60% du mâchefer. 25% seulement resteraient comme reliquats à enfouir. Mais contacté, l’Office fédéral de l’environnement persiste: « À ce stade, les matériaux obtenus à Genève contiennent encore de trop importantes concentrations en métaux lourds. Celles-ci proviennent entre autres de la présence de matériel électronique».

En attendant une évolution fédérale, les opposants demandent un engagement sur la baisse des déchets produit en amont dans la nouvelle loi cantonale à l’automne. À court terme, Genève va exporter ses mâchefers dans un autre canton. Avant une nouvelle décharge dans plsueirus années. 

Céline Argento 

«On doit tout faire pour diminuer le nombre de déchets à la source»

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