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15 mai 2020 - 19h25

La relance économique va-t-elle éclipser les enjeux climatiques?

Le Covid-19 a eu raison de plusieurs manifestations pour le climat prévues aujourd’hui. Plusieurs actions aux fenêtres et balcons ainsi que des rassemblements sporadiques ont toutefois été organisés, notamment devant l’aéroport où le syndicat Unia a dénoncé les licenciements et aides au secteur de l’aviation sans contre-partie environnementale. Mais économie et écologie sont-elles totalement contradictoires? Débat entre Vincent Subilia, directeur général de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève et Teo Frei, représentant de la Grève pour le climat à Genève. 

«Il n’y a pas de justice sociale sans prospérité économique»

Si Vincent Subilia entend ces craintes et ces revendications, il rappelle toutefois que l’aéroport, pierre angulaire de la prospérité genevoise, est aujourd’hui quasiment à l’arrêt et qu’il faut trouver des solutions. S’il entend la nécessité d’aller vers plus de durabilité, il rappelle que celle-ci «a trois piliers: l’écologie, la dimension sociale et l’économie. Et nous devons aller vers une convergence», explique-t-il. Pas question, donc, pour le directeur de la CCIG, de délaisser l’économie et l’aéroport qui, selon lui, n’a jamais négligé les questions environnementales. «J’ai la conviction qu’ensemble nous parviendrons à faire évoluer les mentalités mais certainement pas en condamnant certaines entreprises et les emplois qui sont liés», conclut-il.

«Personne ne devrait être forcé de travailler à la destruction de l’environnement»

Teo Frei, lui, voit l’aéroport comme un problème majeur. Le secteur, qu’il considère comme obsolète à long terme, est un des grands responsables des émissions de gaz à effet de serre. Pas question toutefois d’en faire payer le prix aux travailleurs et travailleuses de l’aéroport. Pour le mouvement citoyen, la solution c’est une écologie sociale. «On ne veut pas arrêter l’économie, on veut la ré-orienter.» Une ré-orientation que Teo Frei espère démocratique et sociale, en proposant notamment aux employés de ces secteurs une reconversion vers de nouvelles perspectives professionnelles avant que la société se trouve obligée de décroitre. Pour le militant, la situation de crise sanitaire actuelle est une rupture qui permettra de changer notre manière de vivre. Il craint toutefois un «effet rebond».

 

Léa Frischknecht

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