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14 décembre 2020 - 19h14

«La situation est stable mais inquiétante» pour Anne Emery-Torracinta

Dans les gouvernements politiques cantonaux comme au Conseil fédéral, l’inquiétude quant à la situation sanitaire demeure. Alors que la troisième vague semble ne plus être évitable, la Présidente du Conseil d’état genevois, Anne Emery-Torracinta parle, elle, d’un état de «socle» dont Genève n’arrive plus à descendre et qui est proche de la situation d’avant la deuxième vague. «La situation est stable mais inquiétante. Si on reste comme aujourd’hui ça va mais si tout à coup ça flambe, on n’arrivera plus à l’arrêter avant plusieurs semaines.»

Et puisque les chiffres sont inquiétants, des mesures s’imposent. Le Conseil fédéral a annoncé aujourd’hui songer à durcir les règles d’ici la fin de semaine. Une nouvelle qui soulage Anne Emery-Torracinta: «Je suis contente que Berne reprenne la main car il est logique que dans un petit pays comme la Suisse, il y ait un cadre de mesures similaires partout. On peut regretter que ce ne soit pas arrivé avant mais on est dans les limites du fédéralisme.» 

Risques de fatalisme?

Après presque une année de crise et à l’approche des fêtes, on peut craindre un certain fatalisme de la part de la population qui pourrait, petit à petit, se détacher des mesures sanitaires. C’est ce que souhaite éviter la conseillère d’État. «Il ne faut pas en arriver là. Nous avons tous besoin d’y croire et d’avoir un moment de répit pendant les fêtes. C’est d’ailleurs pour cela que les cantons romands avaient pris des mesures strictes et tôt.»

Pour éviter les risques de «fichu pour fichu», le travail des gouvernements consiste à trouver le juste équilibre entre laisser la population vivre et la protéger. La présidente insiste à nouveau sur la responsabilité individuelle, essentielle dans la lutte contre le virus.  

Un taux de reproduction peu clair

Depuis le 11 décembre, seuls les cantons ayant un taux de reproduction inférieur à 1 ont le droit de laisser les commerces et restaurants ouvrir après 19h. Or, ce chiffre calculé par l’EPFZ sur les données récoltées par l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) n’est pas communiqué quotidiennement, plaçant tous les acteurs de l’économie dans l’incertitude. Une situation qui n’est pas tenable selon Anne Emery-Torracinta: «Il faut des calculs journaliers, sinon il faudra trouver un autre indice tel que le nombre d’hospitalisations.»

Toujours plus d’inégalités

Et avec cette crise sanitaire majeure, la situation économique et financière de bon nombre de Suisses ne cesse de se péjorer, creusant toujours plus les inégalités sociales. Pour la présidente du conseil d’État, la Suisse a les moyens d’aider les citoyens. «On a des questions sanitaires et des questions économiques: il faut qu’elles se rejoignent. Mais il faut des choix politiques forts de la part de Berne et pas seulement de la responsabilité des cantons.» Elle rappelle que d’autres régions du monde, à l’image de l’Afrique, souffrent encore plus de la situation inquiétante. 

 

Léa Frischknecht 

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