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07 mars 2016 - 13h20

Laurent Seydoux quitte la vie politique

Après quinze an de politique, Laurent Seydoux dit « stop ». L’actuel vice-président des Vert’libéraux ne briguera pas un nouveau mandat lors de l’assemblée générale du 30 avril prochain. En poste depuis 2012, Laurent Seydoux motive, notamment, son choix par la lourdeur de la tâche:
« La fonction de vice-président au niveau national nécessite une grande proximité avec Berne, soit en étant Conseiller national soit en habitant proche de la capitale. En étant basé à Genève, tout était plus compliqué pour moi. »
 
« Genève est dans une situation difficile »
 
Laurent Seydoux a fait le choix de ne pas non plus continuer la politique au niveau cantonal. La raison? Le climat politique qui règne dans le canton.
« Genève est pour moi dans une situation extrêmement difficile, analyse Laurent Seydoux. Quand je vois la situation actuelle, je me demande comment des projets peuvent émerger. C’est une vraie inquiétude ».
 
Avec le départ de Laurent Seydoux, les Vert’libéraux perdent l’une de leur personnalité romande. Pas de quoi pour autant inquiéter le vice-président:
« Nos valeurs sont des valeurs d’avenir, mais nous sommes à un tournant, nous devons changer de dynamique. En 2011, nous avons eu l’euphorie de la victoire. Nous pensions avaler les autres partis. Mais nous n’avons pas su consolider notre succès. Il faut en tirer les leçons. »
 
Quelques regrets
 
L’avenir passera forcément par des alliances avec les Verts, le PBD ou le PDC, estime le vice-président.
« J’attendais de notre présidence qu’elle vienne avec une autre dynamique. J’ai fait quelques propositions, mais elles ne viennent pas tout de suite », regrette Laurent Seydoux.
Laurent Seydoux a débuté sa carrière en politique à Plan-les-Ouates en 2001. Conseiller municipal puis Conseiller administratif au sein de l’Action Villageoise, il crée la section genevoise des Vert’libéraux en 2010. Il se présente sous cette bannière aux élections municipales en 2011, mais n’est pas réélu à la Mairie.
 
Candidats à de nombreuses élections cantonales ou fédérales, Laurent Seydoux n’a jamais été élu, faute d’atteindre le quorum. Pas de quoi regretter son engagement dans ce nouveau parti.
« Les échecs ne m’ont pas marqué, assure Laurent Seydoux. Je suis entrepreneur, j’aime créé, et c’était la grande chance que m’ont donné les Vert’libéraux de pouvoir créer une politique. J’ai eu une notoriété à une vitesse incroyable. Quel parti m’aurait donné la possibilité en deux ans d’être vice-président suisse ? »
Laurent Seydoux ne s’arrêtera pas pour autant de s’investir dans des projets politiques.
« L’emploi et l’insertion sont les vrais enjeux actuels, mais l’assistanat social et le chômage ne sont pas des réponses dignes ».
 
Sa solution ? Valoriser le monde associatif.
« Dans vingt à trente ans, la moitié des métiers actuels n’existeront plus. Le monde associatif offre de nombreuses possibilités de travail et c’est là que nous devons engager des moyens et de l’énergie. »
 
Un projet proche du revenu de base inconditionnel, même si l’ancien maire de Plan-les-Ouates nuance.
« Tout travail – même associatif – mérite reconnaissance, qu’elle soit financière ou avec un certificat ».
Pour mener à bien son projet, Laurent Seydoux compte justement sur son expérience politique.
« J’ai un réseau à mettre à profit. En prenant du recul avec la politique politicienne, je ne pervertis pas le message, car ne fais pas ça pour me faire élire. »

Valentin Emery / @EmeryValentin