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10 novembre 2020 - 19h26

Le 29 novembre, fin d’une vieille saga genevoise?

A 500m du village d’Athenaz (Avusy), en pleine zone agricole, un étrange chantier de 34’000 mètre carrés. Il s’agit en fait d’une ancienne gravière, transformée en lieu de recyclage de déchets de chantier. 25% des matériaux de démolition produits dans le canton y sont traités. Problème, cette activité est interdite en zone agricole.

Face à cette illégalité, reconnue en 1998 par le Tribunal fédéral, l’Etat a deux choix: déclasser le terrain en zone industrielle ou déplacer l’entreprise sur un autre site. C’est la première solution qui est soumise aux Genevois le 29 novembre, au grand dam des communes voisines, des milieux agricoles et de Pro Natura.

Retour sur une longue saga

Et sur le plateau pour débattre de ce déclassement soumis au vote, Marc Favre, président d’AgriGenève et Patrick Mayer, secrétaire du comité en faveur du recyclage de proximité. Si le passage de zone agricole à zone industrielle représente la solution la plus simple et la moins coûteuse, Marc Favre s’inquiète que cette situation exceptionnelle devienne un précédent: «On est en pleine campagne, il n’y a pas d’infrastructures, les camions font des kilomètres sur ces parcours, ce n’est pas normal qu’on accepte un déclassement à cet endroit là.»  L’argument selon lequel ce terrain serait impropre à l’agriculture n’est pour lui pas recevable: «C’est le seul endroit  qui n’est pas exploité pour l’agriculture, tous les autres terrains on a réussi à les remettre en agriculture et les exploitants les retravaillent.»

Dans l’autre camp, celui en faveur du déclassement du terrain, on avance l’argument des dispositions géologiques propres à la zone: «Il se trouve que la région dite de la Champagne genevoise est celle où il y a des graviers, c’est un fait.» Pas de raison ainsi de déplacer l’activité d’extraction et de tri des graviers et autres déchets dans un tiers lieu.

Déjà un million de mètres cubes de déchets sont exportés hors du canton par manque de place pour les traiter, quelles seraient les conséquences si on supprime cette usine? 

«Le but n’est pas de la supprimer, mais de la mettre  en zone industrielle comme tous les recycleurs le font» déclare Marc Favre. «Il était prévu que cette entreprise aille au Bois-de-Bay.» Une mauvaise stratégie pour Patrick Mayer: «Il ne s’agit pas de mettre tous les oeufs dans le même panier en concentrant dans la zone du Bois-de-Bay tous les flux de camions.»

Elio Sottas

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