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15 février 2021 - 20h21

Le procès de Pierre Maudet s’est ouvert ce matin

Pierre Maudet, Antoine Daher, Magid Khoury, Raoul Schrumpf et Patrick Baud Lavigne sont arrivés au Palais de justice, ce matin, entourés de leurs avocats. Sous le regard attentif des journalistes et d’un public largement restreint pour cause de pandémie, la présidente Sabina Mascoto a ouvert, à 9h, le procès historique. Pour cette première journée, trois prévenus sur cinq ont été entendu au sujet, notamment, du «volet Escobar», restaurant dans lequel Antoine Daher et Magid Khoury, également organisateurs du fameux voyage à Abu Dhabi, ont des intérêts. L’ouverture accélérée de ce restaurant et ce, malgré deux pièces manquantes au dossier, a été validée par Raoul Schrumpf, premier prévenu entendu lundi matin. L’homme dit avoir agi sur ordre de Patrick Baud-Lavigne, alors chef de cabinet de Pierre Maudet. «Jamais je n’ai pensé commettre un acte illicite, a-t-il affirmé. J’en veux aux personnes devant moi de m’avoir mis dans cette situation. J’ai été trahi.» Les larmes aux yeux, le prévenu se place donc en victime collatérale dans cette affaire. 

 

«Ce voyage, c’était une bulle d’air»

«Oui, j’assume avoir fait accélérer l’ouverture de ce restaurant. Aider une entreprise qui a des charges et qui est empêchée de travailler parce qu’il manque deux papiers, c’est faire preuve de pragmatisme administratif.» De son côté, Patrick Baud-Lavigne ne regrette rien et exclut l’implication de Pierre Maudet dans ce dossier. L’ancien chef de cabinet de Pierre Maudet a été longuement interrogé, également au sujet du voyage à Abu Dhabi dont il faisait partie. «C’était un voyage privé, j’accompagnais Pierre Maudet en tant qu’ami», se défend celui qui est accusé d’acceptation d’un avantage. Et lorsque la présidente Sabina Mascoto lui demande s’il réalisait, au moment du départ, les risques de ce voyage estimé à 10'000 francs: «Je venais de me séparer de ma femme, c’était une période difficile et ce voyage constituait une bulle d’air. Je n’ai pas fait cet exercice de réflexion», a-t-il admis. 

 

Admiration et amitié

Reste encore le financement du sondage pré-électoral financé par l’une des sociétés d’Antoine Daher. Patrick Baud-Lavigne conteste son implication dans ce dossier, assurant qu’il n’a fait qu’évoquer le projet avec l’entrepreneur mais qu'il n’a pas joué un rôle actif dans le financement du sondage en question. Antoine Daher, entendu en fin d’après-midi, est resté évasif concernant le voyage à Dubaï. «Je l’ai fait par amitié pour Pierre Maudet. Tout comme le sondage», a-t-il affirmé. Antoine Daher conteste d’ailleurs le caractère pénal à propos de ce financement. Il a motivé sa participation à la campagne électorale du conseiller d’état démissionnaire par «une admiration et une amitié sincère», sans quelconque attente d’un renvoi d’ascenseur. 

 

Au terme de cette première journée d’audience, trois des cinq prévenus ont été entendus. Le temps fort du procès devrait avoir lieu demain puisque la voix de Magid Khoury mais, surtout, celle de Pierre Maudet, résonneront dans le tribunal lors de leurs auditions respectives. 

 

Léa Frischknecht

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