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22 mai 2020 - 18h54

Le rhume des foins fait son retour en force

Profiter des premiers rayons du soleil; un geste banal pour certain. Mais pour Aurélien Urfer, 23 ans, l’arrivée de la période estivale, c’est aussi l’arrivée du rhume des foins. «J’ai les yeux qui gonflent rapidement, ils deviennent rouges», explique-t-il, assis sur sa terrasse ensoleillée.  

Si elle parait banale, l’allergie au pollen peut pourtant être un véritable calvaire et devenir un handicap dans les gestes les plus simples du quotidien. «Pour conduire, c’est parfois compliqué. Quand ça me prend les yeux, la gorge puis le nez, je dois m’arrêter. Il ne faudrait pas faire un accident», raconte Aurélien.

2020, l’année du pollen?

Tout comme le Genevois, près de 2 millions de Suisses ont le rhume des foins. Soit 20% de la population. Dans les années 50, ils étaient seulement 5%. «Notre système immunitaire est moins sollicité durant notre enfance», explique la Dr Nathalie Jeannet-Peter, médecin spécialiste au Centre des Allergies et de l’Asthme (CATT), à Genève. «Du coup, le système immunitaire dérive vers l’allergie. Comme je le dis souvent, c’est un peu le prix à payer de notre bonne santé et de notre bonne hygiène de vie.» D’autres études, moins nombreuses, expliqueraient en partie l’augmentation des allergies par l’augmentation de la pollution.

Et cette année, la météo a favorisé une pollinisation précoce surtout pour les graminées, cause principale du rhume des foins en Suisse. L’an passé à la même période, les pics de concentration de pollen de graminées dans l’air atteignaient les 80 grains par m3 d’air, cette année, les pics grimpent jusqu’à 250 grains. «Nous avons eu un hiver doux, puis un printemps chaud. La température favorise assez vite le développement de la croissance de la végétation», précise Bernard Clot, biométéorologiste pour MétéoSuisse.  

Les zones urbaines ne sont pas épargnées

Les biométéorologues étudient la pollinisation. Grâce à des détecteurs placés par exemple sur le toit des HUG, ils analysent le taux de concentration de pollen dans l’air et les zones urbaines ne sont pas épargnées. Car non seulement, la nature est présente jusqu’en centre-ville, mais aussi parce qu’un grain de pollen peut parcourir de grandes distances. «Lorsqu’il y a des conditions idéales, comme du vent, le grain de pollen peut parcourir des centaines voire même des milliers de kilomètres. Mais il perd quand même en concentration», explique le biométéorologue.

Le port du masque est efficace

Pour s’en prémunir, très peu de solutions sont vraiment efficaces. Le pollen est partout et ses particules sont très fines. A titre d’exemple, la floraison d'une seule graminée peut contenir 4 millions de pollens de fleurs. Alors en cette période de Covid, le masque devenu populaire peut être un allié de taille.

Mais la solution la plus efficace reste de se fermer chez soi… le semi-confinement et le télétravail auront peut-être été les meilleurs amis des allergiques.

Lea Job 

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