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25 mai 2020 - 17h42

Les acteurs de la prostitution s'unissent pour rouvrir

Pour la première fois, différents tenanciers de salons érotiques s’associent au niveau romand. L’association Demi-Mondaine a pour but de représenter d’une seule voix les patrons et les indépendant issu du travail du sexe. Aujourd’hui, ils ont convoqué la presse pour présenter leur première action : une charte pour la réouverture des salons le 8 juin.

C’est une image inédite. Dans ce café de Plainpalais, des patrons de salons érotiques et des travailleurs du sexe indépendants, issus de toute la Romandie, sont assis autour d’une même table. Ensemble, ils forment Demi-Mondaine, une toute nouvelle association. Son but: faire valoir les droits des personnes vivant de la prostitution. « Ensemble, nous estimons que nous sommes plus forts. C’est inédit dans un milieu d’habitude plutôt individualiste», explique Brad, secrétaire général de Demi-Mondaine.

L’association est née sur fond de Covid. Puisque ce qui a rapproché les neuf membres du comité, c’est le fait de militer pour une réouverture des salons érotiques le 8 juin. Aujourd’hui, une centaine de membres a rejoint le mouvement. C’est le cas de Gabrielle, propriétaire de son salon de massages érotiques qui ne comprend plus l’interdiction de sa pratique. «Je masse toutes les parties du corps, c’est vrai. Mais il n’y a pas de risque de contagion, je peux tout à fait porter un masque», explique-t-elle.  

«Marche ou crève» 

Si l’association a convoqué la presse ce matin, c’est pour présenter sa toute première action. Ensemble, ses membres ont rédigé une charte de règles d’hygiène pour permettre une réouverture des salons. Les axes principaux sont le port du masque, un maximum de deux personnes par chambres, une douche avant et après la prestation - valable aussi pour le ou la cliente - et une interdiction de tous les rapports buccaux. «Ce sont de mesures très dure, il faut s’adapter. Mais c’est un peu marche ou crève, nous n’avons pas vraiment le choix», reconnait Thierry Schmidely, gérant d’un salon érotique à Lausanne et membre du comité.   

«Lorsque nous sommes ouverts, nous avons un ou deux clients par jour» 

Pour Dorothea, gérante de son propre salon de massages érotiques, ces règles strictes semblent réalisables. «Nous n’avons pas tant de client que cela par jour, parfois un ou deux par jour. Nous n’accueillons jamais plus d’une personne par masseur ou masseuse.» 

La charte a été transmises à Berne. Le Conseil fédéral s’exprimera sur la suite du déconfinement ce mercredi, il devrait alors se prononcer sur la réautorisation ou non de la prostitution le 8 juin.

Lea Job

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