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29 janvier 2021 - 19h19

Les aides financières aux étudiants explosent

Comme d’autres secteurs de la société, la crise économique touche aussi durement les étudiants. Le nombre aide financières accordé par l’Université a augmenté de 210% par rapport à 2019. Car leurs jobs dans la restauration, l’hôtellerie ou à l’aéroport ont été les premiers à être supprimés. Pour faire face, l’université a mis en place un dispositif d’aide d’urgence. 

Lora, 24 ans, est styliste en dernière année de master à la Haute école de design. En mars dernier, à l’annonce du premier confinement cette franco-suisse doit quitter son studio à Annemasse pour rentrer chez ses parents à Pontarlier en France. La situation financière de ses parents de détériore. Elle perd ses petits boulots, craint de ne plus pouvoir payer le loyer de son appartement. Dans l’urgence, Lora obtient du service social de l’université trois aides ponctuelles de 600 CHF à chaque fois. Lora comme beaucoup d’étudiants, est touchées psychologiquement par les incertitudes liées à la crise. 

Étudiant en deuxième année de master de sociologie, Koffi, 29 ans, vit dans cet appartement d’une résidence universitaire qu’il partage avec d’autres étudiants. Pour compléter la bourse que lui a accordé l’Université de Genève, il travaille le matin très tôt au nettoyage de la plaine de Plainpalais. Mais la crise sanitaire a tout perturbé. Il reçoit alors deux aides ponctuelles de l’université de 600 CHF en novembre et décembre. Une période très difficile financièrement mais aussi psychologiquement.  

Le nombre de bénéficiaire d’aide financière a augmenté de 210% par rapport à 2019. Les demandes de bourses ont augmenté de 35% depuis septembre. Pour faire face à la crise, l’UNIGE et la haute école spécialisée ont mis en place un dispositif d’aides d’urgence. 

L’université a débloqué 8 millions de francs en 2020. Ces fonds issus d’un partenariat public-privé ont permis d’aider près de 1500 étudiants. A noter que pour 2021, Le grand Conseil a accordé une aide d’urgence d’un million de francs pour aider les étudiants. 

Denis Palma

 

Une précarité qui entraîne souvent les jeunes dans la détresse psychologique, comme le constate Emna Ragama, psychologue et psychothérapeute, qui compte des étudiants parmi ses patients. «Des mots-clés reviennent souvent tels que la perte des repères, l’incertitude ou le stress financier», explique-t-elle. Si chaque cas est différent, Emna Ragama reçoit beaucoup d’étudiants étrangers qui, sans la possibilité de retourner chez eux, se trouvent en situation d’isolement. Pour la psychothérapeute, cette situation est l’occasion de repenser la place du milieu étudiant à Genève. «Les étudiants ont perdu leur vie sociale, si importante. Il faudrait repenser la solidarité, pourquoi ne pas offrir un gâteau aux étudiants qui sont seuls?».

Troubles anxio-dépréssifs en hausse

Autre problématique: l’absence de perspectives. Emna Ragama préconise de ne pas banaliser le sentiment d’incertitude qui touche ces jeunes en formation. «Il ne faut pas passer à côté d’un état de burn-out. Oui les étudiants font des burn-out et on constate une augmentation des troubles anxio-dépressifs chez les jeunes.» Quelles solutions proposer à un jeune dans cette situation? «Lui parler», conseille la psychologue. Elle rappelle que les jeunes ont aujourd’hui beaucoup de moyens de trouver les ressources à disposition sur Internet mais qu’il convient de les aider à dédramatiser et à ne pas avoir honte de vouloir se faire aider. 

 

Léa Frischknecht 

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