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10 août 2020 - 17h07

Les brasseurs genevois ont comme un goût amer

Dans les locaux de l’Apaisée à Carouge, le bruit des bouteilles qui s’entrechoquent retentit. Xavier avait perdu l’habitude d’embouteiller sa bière. En décembre, il a ouvert le bar la Jonquille. Il y écoulait 5000 litres par mois, soit la quasi-totalité de sa bière, si bien que les fûts étaient devenus sont unique source de revenu. «En ce moment, c’est compliqué donc on refait des bouteilles et de la vente directe.Du jour en lendemain, je suis passé à 0% de mon chiffre d’affaires. L’été, surtout en juin, c’est là qu’on est censé faire le plus gros chiffre.»

Une hausse des bières importées 

Et au niveau suisse, les chiffres confirment le changement de comportement des consommateurs. Les brasseries suisses ont vendu 63% de fûts en moins par rapport à l’an passé. Si la vente des bouteilles et des cannette a légèrement augmenté, elle n’a pas suffi à compenser cette perte. En parallèle, les Suisses semblent s’être rués sur les mousses étrangères. Puisque l’importation de bière dans le pays a augmenté de 7,8%. Ce chiffre était pourtant en baisse constante depuis 2013.

Pendant ce temps, les brasseries indépendantes genevoises accusent des pertes vacillant entre 50 et 70% de leur chiffre d’affaires. «On se fait beaucoup de souci, commente Xavier. il faut anticiper au maximum et être capable de rebondir et de se réinventer » 

Plus difficile sans les festivals 

Un peu plus loin, dans la campagne genevoise à Soral, un gigantesque hangar accueille la Brasserie du Père Jakob, implantée dans le canton depuis une quinzaine d’années. Ici, on ne compte plus les commandes annulées. «On s’adapte, donc on a créé des événements tous les samedis parce qu’on avait la place. On avait aussi une obligation sociale je pense, les gens ont besoin de faire la fête», explique Fabien, l’un des cogérants.

Mais depuis samedi dernier, les soirées sont incertaines. Fabien préfère attendre un peu, car avec les nouvelles recommandations dans le canton, la brasserie avance dans le flou. Heureusement, les lieux sont grands la marchandise peut être stockée le temps que les activités reprennent.

«Je commençais à peine à m’en sortir»

Mais si certaines brasseries ont la place pour le stock, ce n’est pas le cas de plusieurs petits brasseurs. Chez Glouglou par exemple, en ville de Genève, Christian travaille seul. Il fait tout à la main. Et les événements représentent la moitié de son revenu. «C’est dur, c’est très dur. Je paie un loyer à Genève et dans le domaine de la brasserie, l’équipement coûte très cher. Je commençais à peine à m’en sortir», explique-t-il.

Heureusement, Christian a pu garder sa boutique ouverte tout le long de la crise.  «Pendant la période du covid, les gens du quartier venait découvrir ma bière. Mais j’ai juste gagné de quoi manger, je ne me suis pas fait une fortune, il fallait juste que je tienne le cap.»

Un bouche à oreille qui porte ses fruits encore maintenant puisque Christian voit de plus en plus de clients pousser la porte de sa brasserie.

L.Job / M. Wagen

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