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06 juillet 2020 - 16h34

Pierre Maudet dénonce un «simulacre de procès politique»

Le comité directeur du PLR genevois s’est prononcé ce matin en faveur de l’exclusion de Pierre Maudet du parti. Par 22 voix pour, une contre et une abstention, le PLR genevois a donc décidé de se séparer du conseiller d’État, prévenu d’acceptation d’un avantage pour son voyage à Abu Dhabi en 2015. 

Contacté par notre rédaction, Pierre Maudet ne souhaite pas s’exprimer pour le moment. Il affirme avoir appris cette décision par voie de presse et attend de savoir ce qu’on lui reproche exactement. Il s’est toutefois exprimé dans une lettre adressée aux membres du PLR où il explique pourquoi il n’a pas souhaité se rendre à la séance du comité directeur. Dans ce document, le conseiller d’Etat attaque frontalement la direction du parti :

«Je n’irai pas à un traquenard. Je ne participerai pas au spectacle d’une direction de parti qui entretiendrait un simulacre de procès politique. Je ne me prêterai pas à la mise en scène d’un élu du peuple convoqué pour se faire exclure de sa formation politique au milieu d’un parterre de journalistes. Je fais de la politique par passion, pas par masochisme.»

Le Conseiller d’Etat s’en remet à la justice et au droit, et refuse d’être jugé sur des questions morales.

«On a quitté depuis longtemps le champ judiciaire normal (…) pour entrer dans une dimension purement politique, où tous les moyens sont bons pour tenter de m’abattre.» 

«On peut bien évidemment me reprocher le voyage et la stupidité du mensonge. Mais quand la politique dérive sur le champ de la morale, on créé un monstre: une république des juges.»

Une missive offensive, dans laquelle le magistrat se pose en victime.

«J’ai toujours bousculé, remis en cause les évidences, bougé les lignes, cassé les codes. Je le paie aujourd’hui. Cher. C’est toutefois ma façon assumée de faire de la politique.»

Combattif comme à son habitude, Pierre Maudet conclue:

«Je prends le pari que nous nous retrouverons vite. »

Comme un signe d’un futur recours? En effet, le conseiller d’Etat dispose d’un délai de 30 jours pour s’opposer à la décision. Réponse donc d’ici le 7 août.

 

 

Léa Frischknecht

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