Léman Bleu

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29 janvier 2021 - 20h02

Régies publiques: dans le viseur du Grand conseil

Mardi nous révélions les dysfonctionnements de trois régies publiques pointées du doigt par un rapport confidentiel d’audit interne à l’Etat de Genève. Il s’agit, en premier lieu de l’institution de maintien à domicile, l’IMAD, ainsi que de l’Hospice générale et des HUG dans une moindre mesure. Une commission de contrôle de gestion s’est saisie du dossier et va mener l’enquête, comme l’explique notre journaliste Laetitia Guinand.

Si tous les rapports d’audit interne qui tombent entre les mains de la commission de contrôle de gestion ne donne pas lieu à une enquête, celui-ci a interpelé les députés, en particulier dans le cas de l’IMAD. En raison, les sommes en jeu et particulièrement le salaire de la directrice générale qui s’est vu augmenter de 90'000 francs en deux ans, sous la forme d’indemnités annuelles. Une augmentation orchestrée par le Président du Conseil d’administration et ce, sans base légale. 

Des frais et faits qui étonnent, d’autant plus que la directrice générale touchait déjà, toujours en plus de son salaire de 240 000 francs, la somme de 40 000 sous forme de primes annuelles non conformes aux règles pour heures supplémentaires et frais de représentation. Le tout, sans compter ses frais de bouche. 

Un engagement «exceptionnel»

La rédaction de Léman Bleu a essayé d’en savoir plus mais impossible d'obtenir une réaction des principaux intéressés. Le seul élément en notre possession est le mot que le président du Conseil d’administration, Morelo Sella, a adressé hier à tous les collaborateurs de l’IMAD. Il y défend Marie da Roxa la directrice, en expliquant qu’il a volontairement augmenté son salaire en 2014, suite à un rapport de la Cour des comptes afin de la mettre au niveau des salaires des autres dirigeants d'institutions publiques. Il y loue également l’engagement «exceptionnel» de sa directrice, travaillant, selon ses mots, «sans relâche depuis plus de dix ans sept jours sur sept, 24 heures sur 24 et 365 jours par année.»  Un moyen, peut-être, de justifier ses 140'000 francs de primes annuelles. 

Personnel sous pression

En tout, les sept membres de la direction générale de l'IMAD représentent une masse salariale de 2 millions par année. Aujourd’hui l’institution représente la pierre angulaire de la politique de santé du canton. L’an passé, elle a touché 173 millions de contrat de prestation ainsi qu’une rallonge de 5 millions, sans lien avec la pandémie de Covid-19. Bien plus qu’ailleurs,  Genève mise sur le maintien à domicile des personnes âgées, des malades chroniques et des hospitalisés qui peuvent ainsi rentrer plus tôt et être suivis à domicile. L’institution a donc grandi ces dernières années, avec les réorganisations et frictions qui s’en suivent. 

À la base de l'IMAD, infirmières et aides à domicile sont sous pression comme jamais en raison du Covid-19. Comme tout le personnel de santé de l’Etat, ils réclament une revalorisation de leurs salaires qui tarde à arriver. À l'IMAD, 90% du personnel touche, en moyenne, un salaire annuel de 86'000 francs.

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