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05 novembre 2020 - 16h24

Restées ouvertes, les librairies respirent mais s'inquiètent

Alors que la plupart des commerces non-essentiels ont dû fermer leurs portes lundi soir à Genève, les librairies ont pu rester ouvertes. Un ouf de soulagement pour les vendeurs de livres indépendants pour qui l’arrivée de Noël est une période essentielle. Mais l’inquiétude demeure.

A peine 11 heures du matin, déjà Amélie enchaîne les paquets cadeaux chez «Des livres et vous». Car novembre et décembre, ce sont des mois charnières pour les libraires. «Un samedi de décembre par exemple, on fait 5 fois plus de chiffre qu’un samedi normal», compare la gérante des lieux.  

«C’est de la chance, mais c’est aussi une question de survie»

Alors forcément, lorsque l’Etat a annoncé la fermeture des magasins non-essentiels avec une exception pour les libraires, ça a été l’ascenseur émotionnel pour Amélie et ses cinq employées. «Quand j’écoutais les annonces devant ma télé, j’étais défaite. Mais qu’on puisse ouvrir avec les fleuristes… on a eu vraiment beaucoup de chance. C’est de la chance, mais c’est aussi une question de survie.»

Reste que la librairie est située en plein cœur du centre commercial de la Praille. C’est l’un des rares magasins ouverts du centre, l’afflux de client est donc moindre. «On bénéficie des clients du cinéma ou du bowling par exemple, et là, on voit la différence. Il y a bien moins d’affluence. Il est encore trop tôt pour dire si cela aura un impact, mais nous ne sommes pas complètement sereins», explique Amélie.  

«On a l'impression d'être dans un long dimanche»

Chez Delphica, au centre-ville, même son de cloche. L’affluence de Plainpalais n’est pas celle des beaux jours. «C’est vrai qu’on a un peu l’impression d’être dans un long dimanche», explique Alexandre.

Mais le libraire est soulagé de pouvoir rester ouvert. Durant le premier confinement, lorsque même les librairies avaient dû fermer, il livrait tout lui-même à vélo. Une coutume qui persiste aujourd’hui. «On s’est rendu compte qu’il y avait un désert du livre. Il y a plein d’endroits où il n’y a pas de librairies et où les grosses infrastructures de vente en ligne ont le champ libre.»

Comme un roman épistolaire 

Et pour inciter les gens à se déplacer, la librairie Delphica use d’astuces. Bientôt, chacun pourra venir y déposer une lettre manuscrite et repartir avec la lettre d’un inconnu, comme dans un roman épistolaire. «Nous avions envie de jouer ce rôle social propre aux librairies.»

Mais la page du premier semi-confinement n’est pas encore tout à fait tournée. Les librairies indépendantes avancent au jour le jour, avec la peur de devoir fermer avant les fêtes.

Lea Job 

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