Léman Bleu

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11 janvier 2021 - 18h26

Un seul candidat de droite au second tour ?

Qui remplacera Pierre Maudet le 7 mars prochain ? Alors que la gauche devrait faire bloc au second tour derrière la candidate verte Fabienne Fischer, quelles sont les stratégies de la droite pour faire face?  

Il n'y aura que deux candidats au second tour

Vendredi dernier sur le plateau du Téléjournal de Léman Bleu, Cyril Aellen a mis la pression sur l’électorat de droite : les résultats du premier tour de l’élection seront déterminants pour la suite. "Le premier tour sert à savoir qui sera au second. Il n'y aura que deux candidats au second tour. Je ne me maintiendrais que si je fais partie de ces deux candidats", a annoncé le cacique du PLR. Droit dans ces bottes, le député Libéral-radical joue donc la carte de la clarté : Il ne peut rester qu’un seul candidat de droite au second tour pour affronter la gauche, dit-il.

Une stratégie qui ne fait pas consensus 

Cette stratégie est-elle partagée par les autres candidats de droite ? L’UDC Yves Nidegger y est favorable mais à une condition : "pour autant que tout le monde joue ce jeu là. Car de toute manière, la droite perd dès qu'il y a deux candidats: je ne serai pas le deuxième candidat de droite qui fera perdre la droite au second tour", explique-il.  

Le candidat vert libéral Michel Matter se refuse à ce stade à suivre cette stratégie. "C'est la position de quelqu'un qui appartient à un grand parti. Nous sommes plus tournés sur l'engagement, la personnalité. Nous prendrons position le jour où nois devrons le faire", argumente le médecin. 

Pierre Maudet ne répond pas 

Pierre Maudet se maintiendra-t-il au second tour coûte que coûte ? Le conseiller d’Etat indépendant qui n’a pas souhaité répondre à cette question indique:

Je constate qu'en pleine crise économique, les partis sont dans le calcul. Pour ma part, en tant qu'indépendant, je défends un projet et des mesures très concrètes pour les gens. 

Avec quatre candidats, la droite se présente à cette élection complémentaire divisée et affaiblie par les affaires liées à Pierre Maudet. Elle aura face à elle au second tour une gauche unie et disciplinée. 

 

Denis Palma 

 

 

 

Pour la journaliste Laetitia Guinand, on assiste plutôt à une «primaire de la droite» qu’à une élection partielle du Conseil d’État. Si mathématiquement les résultats semblent être favorables à la candidate verte Fabienne Fischer, la grande question sera de savoir si le PLR conservera sa place de première force politique du canton. 

Quelle stratégie au PDC?

Un parti qui pourrait également faire basculer les résultats: le PDC. S’il se place, pour l’instant, derrière le PLR, le Parti démocrate-chrétien ne partage pas totalement l’ADN politique du candidat Cyril Aellen et pourrait se retourner vers le candidat Vert libéral Michel Matter voire vers la Verte Fabienne Fischer. «Avec la droite morcelée, on pourrait assister à une élection à l’américaine, au coude à coude, où chaque voix compte», analyse la journaliste. 

Maudet, candidat du ras-le-bol

Pour Laetitia Guinand, Cyril Aellen prend donc un grand risque en annonçant se retirer à l’issue du premier tour s’il n’est pas dans le duo de tête. Surtout que, face à lui, Pierre Maudet est un challenger à ne pas négliger. «C’est paradoxalement le candidat du ras-le-bol», affirme la journaliste au sujet du conseiller d’état démissionnaire qui «sait profiter de la crise sanitaire en incarnant la colère populaire». L’incertude plane toutefois autour de la candidature de Pierre Maudet puisque, si la situation sanitaire le permet, son procès devrait avoir lieu durant la campagne électorale. Dans tous les cas, on assistera ces prochaines semaines à «une campagne de personnes dont, pour l’instant, Pierre Maudet reste la figure marquante», conclut Laetitia Guinand. 

 

Léa Frischknecht

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