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20 janvier 2021 - 20h10

Une genevoise pourrait succéder à Michael Lauber

La sous-commission judiciaire du parlement s’est réunie aujourd’hui pour présenter une liste de quatre candidats à la succession de Michael Lauber à la tête du Ministère public de la Confédération. Deux noms sont sortis dans la presse dont celui d’une genevoise. Analyse de Laetitia Guinand.

Qui sera le ou la prochaine Procureur suisse? La question devrait être tranchée d’ici la fin du mois de février. Ce sont quatre personnes qui ont été proposées selon le journal Le Temps. Si le silence autour de l’identité de ces candidats reste de mise, deux noms sont toutefois sortis dans la presse: Thomas Würgler, ancien commandant de la police zurichoise et Maria-Antonella Bino, une genevoise. 

Selon Laetitia Guinand, le genre de la candidate PLR pourrait être un atout. «Une qualité qui tient apparemment à cœur à la commission dont la recherche de candidature féminine fut très active», commente-t'elle. La candidate polyglote a fait toutes ses études à Genève et connait bien le Ministère public de la Confédération pour y avoir travailler plusieurs années. Elle avait même été candidate malheureuse au poste de Procureur général en 2011 contre Michael Lauber avant de rejoindre le secteur bancaire. 

Devoir de neutralité et d'intégrité

Et c’est peut-être son aventure à l’antenne genevoise de la banque BNP Paribas qui pourrait compliquer son retour au Ministère public. Car au moment de quitter ses fonctions pour prendre la tête du secteur compliance de la banque, Maria Antonella Bino était alors en charge d’une procédure concernant des fonds de la famille Mubarak hébérgés… à la BNP Paribas. Pour le professeur émérite de droit international de l’Université de St-Gall, Rainer Schweizer, excellent connaisseur du Ministère public de la Confédération et de ses arcanes, voilà un motif pour interroger sa candidature: «Un ou une procureur(e) de la Confédération a un devoir de neutralité et d’intégrité qui doit être sans taches. C’est indispensable notamment pour être crédible face aux instances étrangères avec lesquelles il ou elle collabore.» 

Cette question avait d’ailleurs fait jazzé à l’époque dans le milieu judiciaire. Interrogé par la presse, le procureur Michael Lauber, son chef à l’époque, rappelait alors laconiquement «qu’un fonctionnaire fédéral est soumis au secret de fonction.» Dans tous les cas, rappelle Laeticia Guinand, il faudra au Ministère Public de la Confédération «un oiseau rare, qui doit allier des qualités de leadership pour une institution qui a énormément grossi avec plus de 250 collaborateurs aujourd’hui. Mais il faudra également quelqu’un d’opiniâtre, capable de porter des affaires en jugement.» 

 

Léa Frischknecht 

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