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22 juillet 2020 - 17h46

Une infirmière iranienne en instance de renvoi suscite l’émoi

Alors qu’elle s’est engagée volontairement aux HUG lors de la crise du Covid-19, Helia Najafzadehkhoei est aujourd’hui menacée d’expulsion vers son pays d’origine, l’Iran. Il y a moins d’une semaine, son frère a lancé une pétition pour empêcher son renvoi. Celle-ci compte déjà plus de 4'200 signatures à ce jour. 

Un fort ancrage en Suisse

Un élan de solidarité qui touche profondément l’infirmière iranienne de 29 ans. «J’ai reçu des messages de personnes que je connais depuis des années mais également de personnes que je ne connais pas du tout. Ça renforce moralement.» Et de la force, Helia Najafzadehkhoei en a besoin dans son combat. Après plusieurs mois stressants à épauler le service des soins intermédiaires des HUG pendant le confinement, elle doit maintenant lutter contre son expulsion. Sa demande de permis humanitaire déposée en 2018 a été soldée d’un préavis négatif au printemps. Une sentence lourde de conséquences puisque les HUG ont annulé leur proposition de CDI. En effet, les HUG sont contraints de prendre des employés d’origine suisse ou d’un pays européen. 

En Suisse de ses 9 ans à ses 13 ans puis de retour depuis ses 20 ans, la jeune femme a des accroches très fortes avec le pays. Son frère, ses amis et son compagnon vivent ici. «Mes origines et ma culture c’est l’Iran mais pour vivre, je choisis la Suisse. Je reprends racines en Suisse.» 

«La marge de manœuvre du canton est fort étroite»
Contacté par notre rédaction, le conseiller d'État Mauro Poggia, en charge de la santé, de la sécurité et de l'emploi, dit travailler sur le dossier depuis plusieurs jours. Voici l'intégralité du texte qu'il nous a fait parvenir:

Cette personne a obtenu, comme tous les diplômés d’écoles supérieures, d’un délai de 6 mois pour trouver un travail en Suisse après son diplôme. Cela n’a pas été fait, raison pour laquelle son renvoi a été prononcé. Pour obtenir un permis, il faudrait soit soutenir le cas de rigueur, ce qui est compliqué car elle a fait des allers-retours avec l’Iran durant sa formation. De plus, si elle demande un permis de séjour pour travailler en tant qu’infirmière, il faudra que son employeur démontre ne trouver personne en Suisse ET dans l’UE...ce qui est évidemment impossible. Elle se trouve donc dans une situation fort compliquée, dont l’issue n’est pas prévue par la loi. Cela fait plusieurs jours que nous y travaillons, et si l’on comprend l’émotion suscitée par ce cas, la marge de manœuvre du canton est fort étroite. »

À ce message, Helia Najafzadehkhoei souhaite rappeler qu’elle a activement cherché du travail et qu’elle a eu plusieurs contrats en Suisse romande. L'infirmière peut faire recours jusqu’à mi-septembre. Une démarche qui coûte cher, surtout lorsqu’on est sans emploi.

Léa Frischknecht

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