Genève

Une usine de masques inaugurée

22.06.2021 17h17 Martin Esposito

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Située à Plan-Les-Ouates, elle devrait fabriquer à terme 35 millions de masques chirurgicaux par an. Elle a commencé à produire ce mardi matin.

On distinguerait presque un sourire derrière le masque d’Abdallah Chatila. Il y a de quoi: l’entrepreneur assiste, avec de nombreux invités, à la mise en service de la première ligne de production de masque dans son usine de Plan-Les-Ouattes. Pas de ruban coupé, beaucoup de bruit à cause de la grande machine. La blouse et la charlotte sont obligatoires à proximité de l’unité de production.

Cette ligne, justement, c’est la fierté du patron du Groupe M3 et du DG de Sanitrade, Hervé Zipper. Ce dernier se félicite de l’efficacité de ses équipes qui ont préparé la machine durant plusieurs mois. Abdallah Chatila, lui, présente son nouveau joujou comme une révolution: «C’est évidemment différent des masques qui sont produits à l’extérieur (dans les pays asiatiques, NDLR.) d’une manière plus rapide, avec des machines qui ont moins de technologie que celle-ci.» Dont acte. Une commerciale confie qu’un masque produit ici est vendu 12 centimes. Contre 4 pour ceux venant d’Asie. La qualité est donc indispensable. Surtout vu le coût du projet total -comprenant une usine en Bretagne-: plus de 30 millions de francs.

Vers une préférence fédérale

Quant au modèle économique derrière, n’imaginez pas l’usine faire des masques à destination des particuliers. La cible n’est autre que les «personnes qui portent au quotidien des masques en dehors du Covid», glisse Hervé Zipper. Il y a en a pour tout les âges (adulte comme jeune enfant) et de plusieurs couleurs (bleu, noir, et même rose, pour monsieur).

Invité à l’inauguration, Mauro Poggia veut profiter de la proximité de l’usine pour les besoins genevois. «Nous avons besoin de masques comme ceci. Il n’y a pas de raison que nous allions nous fournir à l’autre bout de la terre quand il y a des producteurs sur notre territoire.» Le conseiller d’État en charge de la santé raconte qu’il a même incité Alain Berset à lancer un groupe de travail, afin d’aller vers une préférence fédérale. 

Et si demain le Covid nous rejouait des tours? L’usine est déjà prête, affirme Abdallah Chatila. Et d’ici cet été, elle ne produira pas que des masques chirurgicaux. Une ligne FFP2 devrait arriver, tout comme la production de blouses ou encore de gels hydroalcooliques.