Léman Bleu

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15 septembre 2020 - 17h37

Violences sexistes: un rapport épingle les médias romands

Un rapport publié par l’institut de recherche DécadréE interpelle la presse romande sur le traitement médiatique des violences sexistes. D’après les analyses, il y a encore du chemin à faire et surtout des réflexes à adopter du côté des rédactions. 

Les articles de 11 médias romands passés au crible par l’association DécadréE. Le tout pour établir un classement selon le bon ou mauvais traitement médiatique des violences sexistes. 

Les productions des médias sélectionnés ont été analysés d'après 12 critères, répartis dans trois catégories: la forme (les mots, la source, la justesse, la hiérarchie), la description des violences (la victime, l'auteur, les rapports de pouvoirs, les mécanismes) et la présence d'éléments informatifs et de sensibilisation (les statistiques, les citations, les ressources d'aide). 

Dans le barème allant de -1 à 1, Léman Bleu obtient la meilleure note en moyenne sur 4 articles analysés. Suivi par la chaîne valaisanne Canal 9 et Le journal le Temps. Le document établi la moyenne générale de ces médias à 0,19… verdict, peu mieux faire. 

"Le gros point négatif, explique la directrice de DécadréE, Valérie Vuille, c'est que tous les trois jours il y a un article sur les violences... qui ne mentionne pas le mot violence".

Une rubrique Égalité au Courrier

Positionnés au 4ème rang de ce classement, Le quotidien genevois le Courrier met un accent particulier au traitement des violences faites aux femmes. Depuis plusieurs années, il s’est dôté d’une rubrique Egalité.  

Pour la responsable de la rubrique, Dominique Hartmann, les femmes journalistes ne sont pas les seules à devoir se soucier de la forme de ces articles. C’est l’affaire de toute une rédaction. Et tout le monde doit se sentir concerné par les recommandations du rapport : augmenter la présence de statistiques et la mention de ressources d’aides pour les victimes. 

Ressources et numéros d'aide 

"C'est vrai qu'il y a une amélioration à faire là-dessus, admet-elle. En ce qui concerne les ressources c'est vrai que nous, les journalistes, nous avons tendance à être succints et à vouloir éviter que l'on assimile les recommandations à de la publicité pour un organisme, mais nous devrions le faire, ajoute-t-elle."

Même recommandation pour le dernier du classement, le quotidien 20Min. Avec un gros bémol sur le vocabulaire et la description de l’auteur des violences. 

Des points pris en compte par le rédacteur en chef, contacté par téléphone. « Nous sommes en contact avec DécadréE ; nous avons été sensibilisés, notamment à la question du vocabulaire. Désormais nous souhaitons mettre l’accent sur les ressources d’aides, comme fait pour le suicide » explique Philippe Favre. 

Car d’après l’institut de recherche DécadréE, il est aussi là, le rôle des médias.

 

Jza

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