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Les coupes de Donald Trump impactent déjà les ONG genevoises

30.09.2025 13h41 Lucie Hainaut

Ouganda Ouganda

L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre ce début d’année: Donald Trump a massivement coupé dans l’aide humanitaire et la coopération. La quasi-totalité des financements de l’Agence des États-Unis pour le développement international ont été stoppés. Certaines ONG genevoises constatent déjà une dégradation sur le terrain.

À peine arrivé au pouvoir, Donald Trump signe le démantèlement de l’USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement international. Quelques mois plus tard, les répercussions se font déjà sentir par des ONG à Genève.

La maison Omoana est soutenue par l’association genevoise du même nom. Elle a pour vocation d’accueillir des jeunes gens séropositifs en Ouganda. Mais depuis quelques mois, elle vit des temps difficiles : «Omoana n’est pas financé par USAID, mais la plupart des acteurs qui se mobilisent contre le VIH en Ouganda le sont. C’est-à-dire les acteurs publics mais aussi les ONG locales. Donc du jour au lendemain, les coupes USAID ont eu pour conséquence qu’une grande partie du personnel a dû arrêter son travail» explique Adrien Genoud, directeur de l’association Omoana.

40% du staff en moins dans un hôpital

Dans un des hôpitaux pour enfants de la région, 40% des employés ont été licenciés, faute de moyens. Et ce n’est pas la seule conséquence: même si Omoana ne touche pas de fonds de l’Agence états-unienne, son travail est entravé par les coupes budgétaires. Le directeur de l’association observe un réel retour en arrière sur le terrain.

«Les programmes de dépistage des femmes enceintes ont été coupés, donc on s’attend à une augmentation du nombre de transmissions mère-enfant alors qu’il y avait eu beaucoup de progrès ces dernières années, en dix ans ce phénomène avait été divisé par quatre. On dénombrait 20'000 enfants nés avec le VIH par année en 2010, et on était à 5'000 en 2020. Mais maintenant on va de nouveau avoir de nombreux enfants qui naîtront avec le VIH» déplore Adrien Genoud.

Une baisse généralisée des financements pour la coopération internationale

La situation inquiète la Fédération genevoise de Coopération (FGC), même si sa secrétaire générale la juge malheureusement prévisible: «Un quart de l’aide public allait disparaître. Donc évidemment quand il y a autant d’argent qui disparait d’un seul coup, ça laisse des séquelles. On l’a vu sur le terrain, on l’observe encore tous les jours, et on l’a aussi constaté très brutalement ici à Genève par rapport aux organisations internationales et aux ONG qui étaient financées par USAID» liste Catherine Schümperli Younossian, secrétaire générale de la FGC.

Si les coupes américaines impactent indirectement les ONGs genevoises, d’autres réductions budgétaires les touchent de plein fouet: «Le parlement fédéral discute du programme d’allégement budgétaire, et la coopération au développement est aussi touchés par ces coupes, qui entreraient en vigueur à partir de 2027 et jusqu’à 2030. Donc le secteur des ONG est sous forte pression parce qu’il y a une diminution des fonds publics fédéraux» regrette Catherine Schümperli Younossian.

Pour la coopération internationale pas d’autre choix que de s’adapter, et de se réinventer. Sur le terrain en revanche, les effets du démantèlement de l’USAID s’annoncent dramatiques: selon la revue scientifique The Lancet, 14 millions de personnes risquent de mourir d’ici 2030, faute de soins.