Hockey

Johnny Kneubuehler, de retour dans son club de cœur

20.10.2026 12h57 Arnaud Urfer

GSHC

De retour dans son club formateur après plusieurs années passées à Lausanne, Ambri-Piotta et Bienne, Johnny Kneubuehler retrouve Genève-Servette avec de grandes ambitions. L’attaquant de 30 ans, engagé jusqu’en 2030, espère vivre avec les Aigles les émotions d’une conquête nationale.

Pour Johnny Kneubuehler, revenir à Genève n’est pas un transfert comme les autres. C’est un retour aux sources, dans un environnement qu’il connaît depuis l’enfance. Ses premiers coups de patin, il les a donnés sur la patinoire extérieure des Vernets, aux côtés de son frère. «Je me sens vraiment à la maison», confie l’attaquant, qui se souvient notamment de ses premières années de hockey sous les conseils de Louis Matt.

Un retour à la maison

Devenu professionnel à Lausanne en 2015, il a ensuite évolué durant six saisons à Ambri-Piotta, avant de rejoindre Bienne en 2024. Mais l’idée de retrouver Genève ne l’a jamais quitté. «C’est un rêve qui a toujours été là, de devenir pro et de pouvoir porter ce maillot. J’avais toujours dans un coin de la tête l’idée de retourner à Genève.» Lorsque l’occasion s’est présentée cet été, la décision a donc été rapide. «J’attendais juste le stylo pour signer», résume-t-il avec le sourire.

Ambri, une étape déterminante

Avant de retrouver son club formateur, Johnny Kneubuehler a connu plusieurs environnements et des expériences parfois difficiles. Après ses débuts professionnels à Lausanne, il rejoint Ambri-Piotta en 2018. Il y restera six saisons, une période déterminante dans sa construction personnelle. Le Tessin lui offre un cadre différent, marqué par une culture de club et des valeurs auxquelles il s’identifie. «C’était une petite équipe, un petit village qui essayait de survivre à la relégation. Elle n’avait peut-être pas le plus gros budget, mais des valeurs qui se rapprochaient des miennes, des valeurs familiales, beaucoup de respect et de travail.» Une expérience qui lui permet de grandir, sur la glace comme en dehors.

«Je pense que j’ai surtout progressé en tant que personne, et puis après aussi en tant que joueur. Les deux étaient assez connectés»

En 2024, l’attaquant choisit ensuite Bienne pour ouvrir un nouveau chapitre. Après six saisons au Tessin, il ressent le besoin de changer d’environnement et de viser de nouveaux objectifs sportifs. «Je sentais que je ne m’améliorais pas autant vers la fin et que je ne me développais pas comme je le souhaitais. Je voulais aussi atteindre d’autres objectifs sportifs», raconte-t-il.

Un premier titre national dans le viseur

Son arrivée à Genève représente aujourd’hui une double opportunité: retrouver son environnement d’origine et rejoindre une équipe qui ambitionne de jouer les premiers rôles. «Je rentrais chez moi, dans l’équipe où j’ai tout commencé. Et c’est aussi une équipe qui a de grosses ambitions et qui veut gagner.» À 30 ans, Johnny Kneubuehler n’a encore jamais remporté de titre national. Il souhaite désormais se donner les moyens de vivre ces grands rendez-vous.

«Je n’ai jamais gagné de titre national, ni même joué de séries finales. Jouer une demi-finale, une finale, ce sont des matchs et des périodes que j’ai envie de vivre.»

Son engagement jusqu’en 2030 témoigne aussi de son envie de s’inscrire dans la durée avec Genève-Servette. Au-delà de son propre parcours, l’attaquant entend également faciliter l’intégration des jeunes joueurs qui rejoignent l’équipe, notamment dans une période marquée par les blessures. «J’essaie d’être le plus cool possible avec les juniors. La pression et le stress, ce sont des facteurs que tous les joueurs se mettent, et encore plus les jeunes. J’essaie juste de leur parler, d’être à l’écoute et détendu.»

Boqvist, un renfort précieux pour les Aigles

Dans un effectif genevois touché par de nombreuses blessures, l’arrivée du défenseur suédois Adam Boqvist constitue un renfort important. Johnny Kneubuehler a rapidement remarqué les qualités du nouvel arrivant, passé par la NHL. «Sur la glace, il est vraiment très fluide, très tranquille. Il patine très bien et il a beaucoup de talent», observe-t-il. L’attaquant souligne notamment sa vision du jeu et sa capacité à accompagner les offensives. «On remarque tout de suite sa tranquillité et sa vision de jeu. Il accompagne l’attaque assez facilement et relance le puck aux attaquants très rapidement. On voit qu’il a joué en NHL pas mal de temps.»

Pour Kneubühler, l’apport de Boqvist pourrait permettre à Genève-Servette de franchir un cap. «On sait déjà qu’il va nous aider, qu’il va être un atout précieux pour le reste de la saison.»

L’équipe nationale reste un objectif

Avec six sélections en équipe de Suisse A, l’attaquant n’a pas renoncé à retrouver la sélection. Même à 30 ans, la perspective de porter à nouveau le maillot national reste une source de motivation. «Je ne mets pas du tout un trait dessus. Ça m’a laissé un peu sur ma faim, parce que j’aurais voulu toucher un peu plus à l’équipe nationale. Je ne fermerai jamais la porte, parce que ça reste toujours une fierté et un rêve d’enfant.» Mais son objectif prioritaire reste clair: réussir son retour à Genève et contribuer aux ambitions des Aigles.

Lorsqu’on lui demande ce qui ferait de cette saison une réussite, sa réponse ne laisse aucune place au doute: «Si on gagne le titre et qu’on soulève la coupe. Comme ça, je pourrai venir sur votre plateau pour en parler.»