L'ONG d'une ancienne journaliste de CNN arrive à Genève
L'ancienne journaliste syro-américaine Arwa Damon veut investir l'écosystème genevois pour obtenir davantage de fonds pour son ONG.
Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFILa Genève internationale accueille une nouvelle antenne de l'ONG d'une ex-journaliste de CNN. Après avoir stabilisé ses projets auprès d'enfants de sept pays, le Réseau international pour l'aide, le secours et l'assistance (INARA) veut s'étendre, notamment au Soudan.
Plusieurs ONG de la Genève internationale ont dû diminuer leur dispositif en raison des coupes dans l'aide internationale. INARA vient au contraire de s'enregistrer officiellement. Cette antenne, sans collaborateur pour le moment, sera responsable du 'plaidoyer' et de 'la levée de fonds', a précisé mardi à Keystone-ATS Mme Damon.
Dans un contexte international difficile mais 'alors que nous grandissons', il faut chercher différentes chaînes de financement, selon elle. De quoi rendre aussi éligible l'organisation à des fonds européens. 'Il y a beaucoup d'argent ici' et 'il y a beaucoup de bonne volonté'.
Depuis une dizaine d'années, INARA cherche à combler les situations où les grandes organisations internationales et les grandes ONG ne peuvent être actives, parce que pas suffisamment agiles et qui lui relaient des cas considérés comme difficiles. Elle regroupe plus d'une centaine de personnes dans les sept pays où elle oeuvre, surtout au Proche-Orient mais aussi en Ukraine, dont presque la totalité sont directement liées à ces conflits.
Parmi ses activités, l'ONG aide les enfants qui ont besoin de soins physiques et mentaux après avoir été affectés par une guerre ou un désastre et accompagne les proches. Elle assiste notamment plus d'un millier de jeunes de la bande de Gaza actuellement en Egypte. C'est seulement lorsque ceux-ci ont pu quitter le territoire palestinien, loin des frappes israéliennes, que l'accompagnement de santé mentale peut vraiment s'accélérer, ajoute la présidente d'INARA.
Près de 250'000 personnes
Mais l'ONG oeuvre également directement dans le territoire palestinien avec un centre de santé, une équipe mobile et des activités de santé mentale. L'ancienne journaliste syro-américaine qui a couvert de nombreuses guerres n'a jamais observé autant de dévastations sur cette question que dans la bande de Gaza.
'Dans les autres conflits, ou la plupart des conflits', les familles qui ne sont pas tuées 'peuvent fuir à un moment donné' et accéder à une aide suffisante des organisations humanitaires, dit-elle. 'A Gaza, vous ne pouvez jamais avoir cette respiration. Il n'y a pas de fuite, pas de sortie', ajoute-t-elle.
En Syrie, un an et demi après la chute de Bachar al-Assad, 'la situation s'améliore' pour les enfants auxquels INARA a pu accéder. Mais de nombreux jeunes posent des questions sur leurs proches disparus. Il faut davantage de financements pour le pays, insiste Mme Damon. Et les tensions à Ormouz affectent les ressources des donateurs du Golfe.
INARA souhaite s'étendre au Soudan et au Yémen. Elle a déjà aidé des réfugiés syriens en Egypte. Au total, elle a assisté l'année dernière près de 250'000 personnes dans les différents pays.
/ATS