Suisse

Rapport Meylan: Valérie Dittli contre-attaque

07.08.2026 10h37

Valérie Dittli demande le retrait du rapport Meylan

Valérie Dittli est venue vendredi devant la presse pour demander le retrait du rapport Meylan, estimant que son droit à être entendu n'avait pas été respecté.

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Valérie Dittli contre-attaque. Trois mois après avoir été épinglée dans le rapport Meylan, la ministre vaudoise estime que son droit à être entendu a été bafoué, ce que conteste le Conseil d'Etat.

Valérie Dittli a présenté vendredi à la presse un avis de droit, commandé par ses soins auprès de professeurs des universités de Genève et Zurich. 'Leur conclusion est univoque. Mon droit à être entendu a été gravement violé', a-t-elle affirmé. Et d'ajouter qu'il ne s'agit pas de 'simples irrégularités' de procédure, mais 'd'une atteinte à un droit fondamental ainsi qu'à la dignité humaine.'

Valérie Dittli a notamment expliqué qu'elle aurait voulu prendre connaissance du rapport Meylan avant sa publication et pouvoir y apporter des compléments et corrections. Le Conseil d'Etat a toutefois refusé.

Se référant toujours à cet avis de droit, Valérie Dittli estime que l'utilisation du rapport Meylan doit remise en cause, 'tant sur le plan administratif que dans le cadre d'une procédure pénale', le Ministère public ayant ouvert une enquête à la suite de la publication de ce rapport.

L'élue du Centre demande ainsi que le rapport Meylan, ainsi que le communiqué de presse attenant, soient retirés du site de l'Etat de Vaud. Elle ajoute que, selon l'avis de droit, elle pourrait faire valoir une réparation pour tort moral, mais qu'elle ne le souhaite pas, préférant 'un apaisement' à une 'guerre juridique' contre ses collègues.

Accord secret

L'avis de droit ne porte pas, en revanche, sur les accusations contenues dans le rapport Meylan, et que conteste toujours Valérie Dittli. Pour mémoire, ce rapport avait prouvé l'existence d'un accord confidentiel entre la ministre et l'ancien président de la Commission foncière rurale, Jean-Claude Mathey, avec qui elle était en conflit. L'accord prévoyait notamment le retrait de la plainte pénale à l'encontre de Valérie Dittli et le versement de 10'000 francs à M. Mathey, en contrepartie de la rédaction d'un rapport.

Ce rapport Meylan, tombé après plusieurs autres rapports épinglant Valérie Dittli, avait suscité une vive réaction du Conseil d'Etat. Dénonçant les mensonges et cachotteries de leur collègue, les membres du gouvernement avaient reconnu que la confiance serait difficile à rétablir.

Le Conseil d'Etat conteste

Vendredi, le Conseil d'Etat n'a pas tardé à réagir à la contre-attaque de la Centriste. Dans un communiqué, il souligne que Valérie Dittli a pu s'exprimer 'à plusieurs reprises' dans le cadre de l'élaboration et de la publication du rapport Meylan. Le gouvernement précise qu'elle a participé à la préparation du mandat donné à Jean-François Meylan, puis qu'elle s'est exprimée à deux reprises devant lui.

'Son point de vue a été entendu lors des discussions au Conseil d'Etat à la réception du rapport. De plus, elle a fait valoir sa position au travers de sa déclaration personnelle diffusée aux médias', rappelle encore l'exécutif vaudois.

De plus, une analyse interne conclut que les éléments avancés dans l'avis de droit 'ne sont pas applicables aux travaux effectués' par Jean-François Meylan, ajoute le Conseil d'Etat. Ce dernier rejette ainsi les requêtes de Valérie Dittli, notamment sa demande d'écarter le rapport Meylan.

/ATS