Européens en grand bassin: Roman Mityukov joue sur les détails
Roman Mityukov vise le podium européen sur 200 m dos.
Photo: KEYSTONE/PATRICK B. KRAEMERRoman Mityukov aborde en confiance les Européens en grand bassin de Paris (10-16 août), unique grande compétition de son année 2026. Le Genevois visera le podium sur 200 m dos, sa distance fétiche.
Fidèle à ses habitudes, Roman Mityukov ne prononce pas le mot 'médaille' à l'heure d'évoquer ces joutes continentales. Homme des grands rendez-vous, il reste il est vrai sur un échec aux Mondiaux 2025 à Singapour, où il avait dû se contenter d'une 7e place sur 200 m dos.
Le Genevois de 26 ans, qui avait manqué sa finale à Singapour après avoir pourtant battu son record national en demies (1'54''83), avait vu une belle série prendre fin. Il restait alors sur quatre podiums consécutifs dans des grands championnats sur 200 m dos: le bronze (2023) et l'argent (2024) aux Mondiaux, le bronze aux Européens 2024, et bien sûr le bronze olympique en 2024.
'Un mal pour un bien'
'Les Mondiaux 2025 ne constituent pas mon seul échec: j'avais fini trois fois 4e (red: sur 100 et 200 m dos, ainsi qu'avec le relais du 4x200 m libre) aux Championnats d'Europe 2022', rappelle d'emblée Roman Mityukov, qui s'est confié aux médias jeudi dernier depuis Tenero, avant de rejoindre Paris/St-Denis.
'Cette 7e place à Singapour était assez difficile à digérer sur le moment, évidemment. Parce que je travaille toute une saison pour une seule compétition', souligne le Genevois, qui n'a pas disputé de grande compétition en petit bassin depuis fin 2024. 'J'étais alors forcément un peu déçu', raconte-t-il.
'Mais ça m'a aussi permis de prendre conscience de certaines choses que je devais améliorer. Je pense que c'était un mal pour un bien. Certes, c'était une saison post-olympique, mais j'aurais pu faire plein de choses nettement mieux', poursuit-il avec sa lucidité et son calme habituels.
Les détails font la différence
Avec son coach Clément Bailly, Roman Mityukov a très vite analysé la situation. 'J'ai amélioré pas mal de petites choses dans mon quotidien. J'ai fait une bonne saison', marquée par des chronos de 1'55''36 sur 200 m dos (2e temps européen 2026) et de 53''32 (no 15 en Europe) sur 100 m dos. 'Je suis en bonne santé. J'ai hâte de voir ce que cela va donner', salive-t-il.
Le Genevois accepte de rentrer dans les détails concernant son 'nouveau' quotidien. 'Il fallait un peu plus de discipline en fait. Il fallait faire plus d'exercices de mobilité, plus de stretching. Ou améliorer mon sommeil, dormir un peu plus, améliorer un peu ma nutrition aussi', énumère-t-il. 'Il y avait plein de choses à améliorer', constate-t-il.
'Evidemment, à mon niveau, il y a déjà certains domaines où je fais les choses assez bien et où il était plus difficile de m'améliorer', souligne Roman Mityukov, qui a été suivi par un nutritionniste durant toute la saison. 'Je mangeais déjà très bien, mais on peut toujours faire mieux, par exemple concernant ce qu'on mange avant ou après un entraînement', précise-t-il.
'Et j'ai bien sûr également beaucoup travaillé dans l'eau au fil de la saison, sur de petits aspects techniques comme le départ, la coulée, la vitesse, poursuit le Genevois, qui veut tout faire mieux mais ne peut pas en faire plus. A un moment donné, tu ne peux plus augmenter le nombre d'entraînements et de kilomètres, parce que tu as déjà atteint quelque part une sorte de sommet.'
Physiquement et techniquement, Roman Mityukov a mis l'accent sur la qualité. Son programme d'entraînement varie énormément d'une période à l'autre. 'Chaque période est différente par rapport à ce qu'on prépare, dans quelle étape du cycle olympique on se situe, lâche-t-il. En début de saison par exemple, j'ai fait un peu plus de musculation pour prendre de la masse et travailler la vitesse.'
'Quand tu ne peux pas nager plus, il faut chercher les petits centièmes dans tous ces détails et ces aspects techniques, il faut chercher les défauts que je peux avoir à mon âge ou dans ma technique', explique encore celui qui en aura très bientôt terminé avec ses études d'avocat.
'Aller chercher une finale sur 200 dos'
Ces Européens 2026 se déroulent au beau milieu d'un cycle olympique lau cours duquel Roman Mityukov a pour objectif prioritaire de monter en puissance dans l'optique de Los Angeles 2028. Mais il voudra certainement valider dans le Centre Aquatique Olympique de St-Denis le travail minutieux effectué au cours des derniers mois.
No 2 européen de l'année sur 200 m dos derrière le Grec Apostolos Siskos (1'54''12), il veut avant tout s'illustrer sur cette distance, dont les séries et les demi-finales sont prévues mardi et la finale mercredi (18h40). 'Je veux évidemment aller chercher une finale sur 200 dos', lâche-t-il, sans évoquer un podium potentiel.
En individuel, Roman Mityukov sera également en lice sur 50 m dos (séries jeudi matin) et sur 100 m dos (séries samedi). 'Sur ces deux épreuves, je veux me laisser surprendre. J'ai travaillé un peu plus sur la vitesse cette saison, donc j'espère que ça amènera de belles choses', sourit-il.
Et qu'en est-il des relais? 'Tout se décide au dernier moment durant la semaine, en équipe. Les courses individuelles ont toujours été ma priorité, mais si je peux aider une équipe à décrocher une finale ou une médaille, je serai présent', répond le Genevois, qui aura certainement un rôle à jouer le dimanche 16 août à l'occasion du 4x100 m 4 nages.
Il revient en tout cas avec grand plaisir à Paris, théâtre de son plus bel exploit, même si ces joutes ne se déroulent pas au même endroit que les épreuves olympiques de 2024: 'On est tout près du village olympique. Ca va me rappeler de bons souvenirs, même si je pense que cela ne va pas changer grand-chose. Mais si cette ville m'a porté bonheur une fois, pourquoi pas deux?'
/ATS