Après plusieurs revers, Trump conforté dans deux primaires
La candidature de Darline Graham en Caroline du Sud a provoqué des divisions au sein du Parti républicain dans cet Etat du sud-est. Nombreux sont ceux qui s'indignent qu'elle ait hérité du siège de son frère sans disposer d'expérience politique.
Photo: KEYSTONE/AP/Meg KinnardDonald Trump a obtenu un répit mardi à l'approche des élections de mi-mandat avec la victoire de deux de ses protégés aux primaires de Caroline du Sud et d'Oklahoma. Ces succès interrompent une série de défaites d'autres candidats soutenus par le président américain.
En Caroline du Sud, la sénatrice sortante Darline Graham, qui avait remplacé son frère Lindsey décédé en juillet, a remporté l'investiture républicaine pour le renouvellement de son siège face au député ultraconservateur Ralph Norman, selon CNN, CBS et NBC. En Oklahoma, un autre favori du président, Mike Mazzei, a battu sur le fil son adversaire dans la primaire pour le poste de gouverneur.
Ces victoires apportent une bouffée d'air au président, dont la mainmise sur le parti est ébranlée par une cote d'opinion en berne et des sondages prédisant une défaite républicaine aux élections de début novembre.
'Pas mon truc'
Donald Trump n'avait pas ménagé son soutien à Darline Graham, à qui il était venu en personne apporter son appui lors d'un déplacement en Caroline du Sud la semaine dernière. Mardi, il a encore salué 'une personne spectaculaire et une véritable patriote américaine'.
Avec elle, Donald Trump espère pouvoir compter sur une alliée fidèle au Sénat, où certains élus de son camp lui ont récemment donné du fil à retordre et pour lequel plusieurs candidats ont déjà été investis sans son soutien.
La candidature de Darline Graham, qui a longtemps travaillé sur les questions du handicap en Caroline du Sud, a provoqué des divisions au sein du Parti républicain dans cet Etat du sud-est. Nombreux sont ceux qui s'indignent qu'elle ait hérité du siège de son frère sans disposer d'expérience politique.
Cette lacune a été mise en exergue la semaine dernière lors d'un débat télévisé où Mme Graham a perdu ses moyens face à une question sur Taïwan. 'La sécurité nationale, ce n'est pas mon truc', a-t-elle tenté de justifier. Elle était opposée au député ultraconservateur Ralph Norman, lui aussi trumpiste mais dépourvu du soutien présidentiel.
'Faux républicain'
Le scrutin dans l'Oklahoma mettait lui aussi à l'épreuve l'influence de Donald Trump sur les primaires. Mike Mazzei, ancien élu local et riche financier, a finalement devancé de moins d'un point (50,3% contre 49,7%) Gentner Drummond, actuel procureur général de cet Etat du sud que le président avait qualifié de 'faux républicain'.
Les deux candidats s'opposaient notamment sur un projet gigantesque de raffinerie d'aluminium, porté par les Emirats arabes unis et que Donald Trump soutient mais qui fait face à une forte opposition locale, selon le journal Oklahoma Voice.
Dix défaites
Les victoires de Darline Graham et Mike Mazzei offrent une éclaircie au président républicain, qui a vu récemment dix de ses candidats balayés, dont six durant le seul mois d'août, selon un décompte de CNN.
Parmi les échecs les plus cuisants figure celui enregistré au début du mois dans le Michigan par Amir Hassan, face à un candidat qui avait mis fin auparavant à sa campagne, Tom Smith.
Ces dix défaites, c'est autant qu'en 2018, 2020 et 2024 mis ensemble, a souligné CNN. En 2022, douze candidats soutenus par celui qui était alors ex-président avaient perdu aux primaires.
Face à ces résultats, Donald Trump a défendu dimanche son bilan, assurant sur son réseau Truth Social qu'un soutien de sa part était 'toujours aussi puissant'. Ceux qui ont perdu, 'il était quasiment impossible pour eux de gagner, mais je me suis senti dans l'obligation de les soutenir', selon le président.
Même s'ils n'ont pas toujours été adoubés, les vainqueurs sont toutefois tous trumpistes, illustrant le poids encore imposant du milliardaire au sein des républicains.
Ainsi, il reste encore presque impossible pour un candidat qui s'oppose à Donald Trump de gagner sa primaire, comme en a fait l'expérience le député Thomas Massie, fervent partisan de la publication du dossier Epstein, qui a perdu l'investiture dans le Kentucky en mai.
/ATS