Culture

Les Genevois découvrent le nouveau site archéologique Saint-Antoine

05.09.2026 14h58

Les Genevois découvrent le nouveau site archéologique Saint-Antoine

Le public est venu nombreux samedi découvrir le nouveau site archéologique Saint-Antoine (SaSA).

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

La grande fête d'ouverture du nouveau site archéologique Saint-Antoine (SaSA) a ravi le public samedi à Genève. Situé sous l'esplanade Théodelinde, cet espace de près de 1000 m2 met en valeur des vestiges exceptionnels couvrant deux millénaires d'histoire.

Le public était déjà nombreux à l'ouverture, se réjouit Cindy Dulac, la responsable du SaSA. Beaucoup de riverains, des curieux et des familles sont venus découvrir ce nouveau site qui a nécessité des années de travaux. Son histoire débute en 2010 lors du réaménagement de l'esplanade: des vestiges exceptionnels sont alors découverts.

Le site a ensuite fait l'objet de fouilles minutieuses entre 2012 et 2015. Au vu de l'importance du patrimoine, les autorités ont décidé de les protéger et de les rendre accessibles au public. Un projet devisé à 14,5 millions de francs a été retenu. Le vaste chantier a débuté en septembre 2023 pour se terminer tout récemment. L'attente a été longue, mais le rendu final séduit immédiatement.

Deux mille ans d'histoire

Trois lanterneaux apportent un éclairage naturel sur les périodes historiques mises en valeur. Même sans descendre dans le site, il est possible de voir une partie des fouilles depuis la nouvelle esplanade. L'entrée se fait par un des lanterneaux. Il suffit de descendre quelques marches pour une plongée dans deux millénaires d'histoire de Genève.

La température est agréable (22,5 degrés) et la lumière est douce. Le public peut déambuler autour d'un établissement gallo-romain du 1er siècle, d'une nécropole de plus de 300 tombes utilisée entre le 3e et le 13e siècle ainsi que d'une partie de l'église funéraire de Saint-Laurent, qui date du 5e siècle. Il y a aussi des vestiges de fortifications du 16e siècle.

Etudes supplémentaires

Un squelette intéresse particulièrement les visiteurs. 'C'est une femme qui avait entre 25 et 50 ans au moment de son décès', explique le médiateur. Elle ne présente aucune trace de violence, précise-t-il. Il s'agit du seul squelette présenté au public. Les autres sont conservés pour des études supplémentaires.

Le SaSA est aussi conçu comme une plate-forme scientifique. Il reste beaucoup d'études à mener sur les vestiges qui ont été découverts, explique Mme Dulac. Des scientifiques seront invités en résidence. Un volet culturel offre aussi une place aux artistes contemporains pour des expositions temporaires.

Cette fête d'ouverture s'est prolongée jusqu'à samedi en fin d'après-midi. Les plus jeunes ont pu s'essayer aux fouilles archéologiques en maniant la pelle et la truelle dans des grands bacs. La partie officielle s'est déroulée vendredi soir en présence des autorités du canton et de la Ville de Genève.

/ATS