Plus de 200 tonnes de microplastiques par an sur le sol suisse
En milieu purement urbain, à Zurich, les chercheurs ont mesuré 881 particules de microplastique par mètre carré et par jour. Sur les quatre autres sites, la quantité atteignait entre 249 et 331 particules de moins (photo symbolique).
Photo: KEYSTONE/APA/APA/GEORG HOCHMUTHTransportés par les airs, 219 tonnes de microplastiques parviennent chaque année dans les sols et les eaux suisses, selon une étude de l'Empa, de l'Eawag et d'Agroscope. Environ 40% de ces particules finissent sur les terres agricoles, dans les lacs et les rivières.
Pour la première fois, une équipe de chercheurs a recensé ce phénomène de manière systématique, indique jeudi le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa). Soutenus par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), ils ont recueilli des échantillons durant un an sur cinq sites: à Zurich, Dübendorf (ZH), Magadino (TI), Payerne (VD) et sur le Chaumont (JU).
Le PET et les emballages en tête
En réalisant une projection de leurs mesures sur l'ensemble du territoire suisse situé en-dessous de 2000m d'altitude, les scientifiques ont calculé que le volume de microplastiques qui se dépose dans le pays atteint 219 tonnes. Sur cette quantité, 78 tonnes finissent directement sur les terres agricoles et une dizaine de tonnes dans les lacs et les cours d'eau.
En milieu purement urbain, à Zurich, les chercheurs ont mesuré 881 particules de microplastique par mètre carré et par jour. Sur les quatre autres sites, la quantité atteignait entre 249 et 331 particules de moins.
Parmi les microplastiques recueillies, les matières synthétiques les plus souvent identifiées sont le polyéthylène téréphtalate (PET), à raison de 31%, le polyéthylène (PE: 26%) et le polypropylène (PP: 21%). Le PET est connu pour être utilisé dans les bouteilles de boissons, mais on le retrouve également dans les fibres de polyester des textiles. Le PE et le PP sont surtout utilisés pour les emballages, les films plastiques, les récipients et les produits du quotidien.
Conséquences peu claires sur la santé
Sur l'ensemble des particules atmosphériques, dont la poussière du désert, la suie, les résidus de combustion ou les particules biologiques, les microplastiques ne représentent toutefois qu’une très faible proportion: entre 0,02 et 0,12%. Leur dépôt constant sur de grandes surfaces accumule néanmoins des quantités considérables qui ne se dégradent pas, ou très lentement. Les conséquences des microplastiques sur l’environnement et la santé ne sont pas encore clairement établies.
'Mais conformément au principe de précaution, nous devrions éviter de jeter des déchets, n’utiliser les plastiques que là où cela est nécessaire et boucler autant que possible les cycles des matières', estime Christoph Hüglin, chercheur à l'Empa et directeur de l'étude, cité dans le communiqué.
/ATS