Le pétrole au plus haut face à l'avancée des Houthis
Les deux variétés de pétrole Brent et WTI se trouvent à un plus haut depuis mai et affichent en date de janvier un bond de respectivement 77,3% et 78,3%. (archives)
Photo: KEYSTONE/DPA/MARIJAN MURATLes prix du pétrole restaient à des niveaux élevés vendredi matin, malgré une légère décrue, les investisseurs étant préoccupés par l'avancée des Houthis pro-iraniens du Yémen qui veulent bloquer les exportations de brut de l'Arabie saoudite par la mer Rouge.
Vers 07h30, le baril de Brent baissait de 1,03% à 106,49 dollars, après s'être approché la veille de la barre des 110 dollars. Celui de WTI baissait de 0,74% à 101,68 dollars. Les deux variétés de brut se trouvent à un plus haut depuis mai et affichent en date de janvier un bond de respectivement 77,3% et 78,3%.
Les Houthis pro-iraniens du Yémen ont pris jeudi le contrôle de la ville de Mokha sur la mer Rouge, une percée notable dans leur progression vers le stratégique détroit de Bab el-Mandeb. Pour les repousser, l'Arabie saoudite, pays frontalier allié du gouvernement yéménite, a mené des dizaines de frappes depuis mercredi.
'Les Houthis progressent vers le détroit de Bab el-Mandeb après avoir pris le contrôle de Mokha', a affirmé à l'agence AFP une source militaire au sein des forces gouvernementales. Le détroit de Bab el-Mandeb a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient avec le verrouillage par l'Iran du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique.
Manque de pétroliers
'L'Arabie saoudite a déclaré que sa production pétrolière avait chuté le mois dernier à son plus bas niveau depuis 1990, alors que les Houthis (...) menaçaient les livraisons en provenance de la côte ouest du royaume', a rappelé Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.
Conséquence de la flambée de l'or noir, 'les contrats sur le diesel américain ont dépassé 5 dollars le gallon pour la première fois depuis 2022, un signal particulièrement sensible pour les coûts de transport et les marges des entreprises', a indiqué John Plassard.
Selon le responsable des investissements à la banque Cité Gestion, 'le véritable choc se déroule aujourd'hui sur le marché du fret pétrolier', les frais d'acheminement ayant bondi avec la guerre au Moyen-Orient. 'Le problème n'est donc plus seulement la disponibilité du pétrole, mais la disponibilité des navires capables de le transporter', ces derniers étant en mer plus longtemps en raison des détours que les navires doivent emprunter, a-t-il averti.
/ATS