Suisse

La Suisse tire parti de son association à Schengen/Dublin

18.09.2026 13h05

La Suisse tire parti de son association à Schengen/Dublin

S’ils ne peuvent plus franchir librement la frontière, les travailleurs frontaliers pourraient perdre 422'000 heures par jour dans les embouteillages en 2035, selon un rapport adopté par le Conseil fédéral (image d'illustration).

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

La Suisse retire des bénéfices économiques et sécuritaires de son association à Schengen/Dublin, selon un rapport du Conseil fédéral. Sans cela, son PIB en 2035 pourrait être jusqu'à 3,9% inférieur, soit une perte de revenu de 1300 francs par an par habitant.

Dans le même temps, le gouvernement a transmis vendredi au Parlement son message sur l'initiative populaire de l'UDC 'Stop aux abus de l'asile! (initiative pour la protection des frontières)'. Il rejette le texte sans lui opposer de contre-projet. L'initiative demande un contrôle systématique aux frontières ainsi que des restrictions dans le domaine de l'asile.

Une adoption du texte mettrait en péril la participation de la Suisse à Schengen/Dublin. Un rapport élaboré sur demande du Parlement examine justement les conséquences à l'horizon 2035 d'une fin de l'association helvétique à ce système. Dans ce scénario, la Suisse devrait renforcer fortement ses infrastructures et ses effectifs pour pouvoir effectuer les contrôles aux frontières.

Conséquences économiques et sécuritaires

Le rapport mentionne en outre plusieurs conséquences économiques et sécuritaires négatives qui s'ensuivraient. Les domaines des soins et de la restauration seraient particulièrement touchés, car ils emploient de nombreux frontaliers. Ceux-ci pourraient perdre 422'000 heures par jour dans les embouteillages, entraînant des coûts entre 1,08 et 2,27 milliards de francs.

Le secteur du tourisme serait également affecté, avec une perte de recettes estimée entre 320 et 810 millions en 2035. Obtenir un visa distinct pour la Suisse supposerait non seulement un surcoût, mais aussi des démarches administratives en plus pour les visiteurs en Suisse.

En matière d'asile aussi, il y aurait des désavantages. Berne devrait examiner les demandes de requérants qui ont déjà déposé une demande dans un autre Etat Dublin. En outre, les transferts vers d'autres Etats Dublin ne seraient plus possibles. Ainsi, les requérants d'asile resteraient plus longtemps en Suisse, menant à des coûts supplémentaires compris entre 166 et 824 millions.

Outre les aspects financiers, la Suisse perdrait au niveau sécuritaire et n'arriverait pas à combler seule les lacunes. Elle a actuellement accès aux banques de données de Schengen/Dublin et de la coopération transfrontalière. Le risque existerait donc qu'une menace ne soit pas détectée ou ne le soit pas à temps.

/ATS