« J'ai encore la balle en moi », raconte l'homme blessé par l'ICE
Lundi soir, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le parlement du Texas pour dénoncer les actions de l'ICE. Dimanche, Wilber Garcés Pérez, un ressortissant vénézuélien de 28 ans a été grièvement blessé par balle par un agent de la police fédérale de l'immigration.
Photo: KEYSTONE/AP/Eric Gay'J'ai encore la balle en moi', raconte Wilber Garces Perez. Blessé par la police de l'immigration (ICE) dimanche à Austin (Texas), le Vénézuélien de 28 ans a donné sa version des faits par téléphone lundi.
Le jeune homme est intervenu depuis le centre de rétention où il avait été transféré, pendant une conférence de presse donnée par son avocate Kate Lincoln-Goldfinch et des soutiens politiques et associatifs.
'J'ai très mal parce que le tir m'a fracturé la clavicule. A l'hôpital, ils n'ont pas pu extraire la balle parce qu'elle est près de la moelle épinière. J'ai encore la balle en moi, là', a expliqué Wilber Garces Perez.
Son avocate a précisé qu'il avait été touché 'dans la nuque'. Quelques heures plus tard, elle a indiqué dans un message publié sur X qu'il avait été 'transféré vers un autre hôpital car il présente désormais une paralysie du côté gauche'.
Le jeune homme avait auparavant 'dû dormir par terre' dans le centre de rétention, selon Kate Lincoln-Goldfinch.
La veille, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) avait indiqué que son état était 'stable' et qu'il était 'sous la garde des autorités fédérales en attendant son expulsion'.
L'incident d'Austin vient raviver la colère aux Etats-Unis face aux méthodes jugées brutales des agents d'ICE chargés de mener l'offensive anti-immigration promise par Donald Trump.
En janvier, la mort de deux citoyens américains, Renee Good, une mère de famille de 37 ans, et Alex Pretti, un infirmier du même âge, abattus par des agents fédéraux alors qu'ils étaient témoins des vastes opérations menées à Minneapolis (nord), avait suscité l'indignation à travers le pays.
Ouverture d'une enquête contre le policier
Dimanche à Austin, Wilber Garces Perez travaillait pour un service de livraison de repas et de courses à domicile quand une camionnette, 'noire banalisée' selon son avocate, 'a essayé de (le) percuter' avant de lui barrer la route.
'J'ai fait demi-tour et c'est là qu'ils se sont mis à me poursuivre, comme si j'allais m'enfuir. Mais je cherchais un endroit sûr où garer ma voiture. C'est là qu'ils m'ont percuté deux fois et ont tiré', a-t-il raconté.
'J'étais pratiquement inconscient' quand l'ambulance est arrivée, a-t-il poursuivi, ajoutant n'avoir reçu un antidouleur qu'au petit matin, avant d'être transféré vers le centre de rétention.
Le DHS a ouvert une enquête au sujet du policier auteur du coup de feu.
Selon le ministère, Wilber Garces Perez est 'entré illégalement dans le pays sous l'administration Biden et faisait l'objet d'un arrêté définitif d'expulsion'.
Son avocate affirme à l'inverse que le jeune Vénézuélien a été 'autorisé à entrer sur le territoire' en 2024, 'a fait une demande d'asile' et 'avait un permis de travail'.
'Surarmés, sous-entraînés et violents'
'Les agents d'ICE sont surarmés, surpayés, sous-entraînés et violents. Ils ne savent pas comment faire des contrôles routiers en toute sécurité', a-t-elle attaqué devant la presse lundi.
A Austin, des fleurs et des pancartes appelant à la 'justice pour Wilber' ont été déposées sur les lieux du coup de feu.
Lundi soir, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le parlement du Texas pour dénoncer les actions de l'ICE. 'On ne se sent pas en sécurité quand ils sont dans les parages', a dit à l'AFP l'une des protestataires, Rosalie Kendall.
Les expulsions massives étaient au coeur des promesses de Donald Trump durant la campagne présidentielle de 2024.
Le DHS s'est dernièrement targué d'avoir atteint en août un nouveau 'record' de près de 51'000 arrestations d'immigrés en situation irrégulière, dépassant le précédent, de plus de 50'200, en juillet.
/ATS