Chaîne du Bonheur: solidarité ancrée dans la population suisse
Lancée par Radio Sottens en 1946, la Chaîne du Bonheur célèbre ses 80 ans (archives).
Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFIL'esprit de solidarité est profondément ancré en Suisse, selon un sondage de la Chaîne du Bonheur. Toutefois, les nombreuses crises actuelles incitent de nombreux donateurs et donatrices à réfléchir davantage avant d’apporter leur soutien.
Tout a commencé le 26 septembre 1946, avec une émission de Radio Sottens, ancêtre de la RTS. Au fil des années, la Chaîne du Bonheur est devenue une organisation nationale de collecte de dons couronnée de succès. En 275 campagnes de collecte, elle a recueilli au total 2,2 milliards de francs, rappelle l'organisation vendredi.
Des projets d'aide ont été soutenus dans 124 pays, dont beaucoup également en Suisse. Avec 227,7 millions de francs, les dons récoltés à la suite du tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est constituent le montant le plus élevé.
A l'occasion de son 80e anniversaire, la Chaîne du Bonheur a publié pour la troisième fois son baromètre de la solidarité. Selon les résultats de cette enquête représentative, 95% de la population estiment que les actes de solidarité sont importants pour la vie en société. Cette importance élevée se manifeste à travers les générations et les différents groupes de population.
Parallèlement, l'enquête montre que seuls 68% des personnes interrogées considèrent la société suisse dans son ensemble comme solidaire. Ainsi, si la solidarité est fortement valorisée en tant que valeur fondamentale, elle ne semble manifestement pas être perçue dans la même mesure au quotidien, regrette la Chaîne du Bonheur.
Multiplication des crises
Selon l'enquête, la multiplicité des crises actuelles pousse les donateurs et donatrices à réfléchir plus attentivement aux causes auxquelles ils souhaitent apporter leur soutien. Ainsi, les trois quarts des personnes interrogées (76%) jugent important de vérifier si une personne mérite réellement d'être aidée. Près de 42% souhaiteraient limiter l'aide aux personnes qui se sont retrouvées en difficulté sans en être responsables.
Dans l'ensemble, la disposition à faire des dons reste toutefois stable: elle est demeurée inchangée pour 60% des personnes interrogées, elle a augmenté pour 28% d'entre elles, tandis que 8% ont fait état d'une baisse.
Ce sondage représentatif a été réalisé du 4 juin au 1er juillet par l'institut gfs.bern et le Centre d'études sur la paix et la sécurité (CEPS) de l'Université de Bâle. Au total, 1618 résidentes et résidents en Suisse, âgés de 18 ans et plus, ont été interrogés.
/ATS