Économie

Genève s'attaque à sa dépendance aux géants technologiques

01.10.2026 22h11

Genève s'attaque à sa dépendance aux géants technologiques

Le Grand Conseil genevois veut encourager le passage aux logiciels libres afin de s'affranchir des géants technologiques (image d'illustration).

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Le Grand Conseil genevois s'inquiète du contrôle des données numériques et aimerait que le canton s'affranchisse de la domination des géants technologiques. Quatre motions, qui vont dans cette direction, ont été acceptées jeudi soir à la quasi-unanimité.

Les députés ont déploré la dépendance croissante de l'administration cantonale aux solutions informatiques américaines. Ils veulent une stratégie forte de souveraineté numérique, incluant des projets de migration vers des logiciels libres et des solutions d'hébergement locales.

Tous les partis partagent un même constat: l'urgence de protéger les données des citoyens et des institutions. Pour les Vert-e-s, la réponse passe par un plan de désengagement des logiciels propriétaires. Ils prônent une transition vers des logiciels libres afin de retrouver une indépendance technologique et d'éviter les hausses systématiques des montants des abonnements.

L'UDC a mis l'accent sur la cybersécurité et la localisation physique des serveurs. Le parti veut que les données cantonales soient stockées exclusivement en Suisse. Le PLR s'est dit profondément préoccupé par la maîtrise de l'hébergement des données sensibles, à l'instar des données scolaires des élèves du canton. Le parti réclame des solutions informatiques 100% suisses.

Les députés ont approuvé les trois textes initiaux qui émanent des Verts-e-s, de l'UDC et du PLR. Ils ont aussi voté une motion de commission supplémentaire, qui synthétise les demandes. Celle-ci réclame par ailleurs le lancement d'un projet-pilote de passage aux logiciels libres dans deux ou trois entités administratives, dont le Grand Conseil.

La conseillère d'Etat Carole-Anne Kast, cheffe du Département des institutions et du numérique (DIN), a accueilli favorablement ces motions. Il faudra du temps et une collaboration étroite avec les autres cantons et la Confédération pour parvenir à une souveraineté numérique complète, a souligné la magistrate.

/ATS