Économie

France:Marine Le Pen maintient « totalement » sa confiance à Bardella

03.10.2026 22h34

France:Marine Le Pen maintient "totalement" sa confiance à Bardella

Marine Le Pen a dit samedi maintenir "totalement" sa "confiance" à Jordan Bardella, président du Rassemblement national, accusé d'avoir écrit des messages antisémites en 2013, ce qu'il dément (image d'illustration).

Photo: KEYSTONE/AP/Jean-Francois Badias

La candidate d'extrême droite à la présidentielle française de 2027, Marine Le Pen, a dit samedi maintenir 'totalement' sa 'confiance' à Jordan Bardella. Le président de son parti est accusé d'avoir écrit des messages antisémites en 2013, ce qu'il dément.

'J'ai totalement confiance en Jordan', a fait savoir Mme Le Pen au journal à La Tribune Dimanche.

Il s'agit de la première réaction publique de la cheffe de file du Rassemblement national (RN), deux jours après que le média d'investigation Mediapart, à l'origine de ces révélations, a publié des éléments d'authentification de ces messages.

Cette affaire pourrait bouleverser la campagne présidentielle du RN puisque Jordan Bardella est prédestiné au rôle de Premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen, qui fait actuellement figure de favorite dans les sondages.

Elle écorne également sa stratégie de 'dédiabolisation' menée depuis 15 ans par le mouvement d'extrême droite.

Mediapart avait dans un premier temps publié lundi des captures d'écran de messages datant de 2013, qu'il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti.

'Les banques sont toutes détenues par des Juifs'; 'Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur', aurait notamment écrit sur la plateforme Messenger - la messagerie de Facebook - Jordan Bardella, qui conteste 'formellement' être l'auteur de ces messages.

Mme Le Pen s'était alors affichée immédiatement en soutien de son dauphin, dénonçant une 'barbouzerie', et promettant de 'démonter' ces 'manipulations bien lourdes et bien crasseuses'. Elle avait même suggéré à Mediapart 'd'enfiler son costard en kevlar', la matière dont sont fabriqués les gilets pare-balles.

Mais elle s'est montrée moins diligente après la deuxième salve tirée par Mediapart jeudi soir. Le journal en ligne s'appuie notamment sur l'extraction de ces messages par Meta, maison-mère de Facebook, sous contrôle d'huissier.

'Montages grossiers'

Selon Mediapart, des éléments biographiques révélés dans les conversations par l'utilisateur du compte prouvent bien qu'il s'agissait du vrai Jordan Bardella : mère née en Italie, mention d'une interview qu'il avait accordée au quotidien Le Parisien en 2013, ou échec au concours de Sciences Po, grande école parisienne.

M. Bardella a fustigé 'des montages grossiers, d'obscures captures d'écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n'ai évidemment jamais tenus'.

'J'ai chargé mon avocat de déposer plainte pour faux et usage de faux, en plus de la plainte déjà déposée pour diffamation', avait-il ajouté dès jeudi soir.

Reconnue coupable en appel de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants des eurodéputés, mais autorisée à concourir une quatrième fois à l'élection présidentielle française, Mme Le Pen avait fait de M. Bardella son remplaçant en cas d'empêchement par la justice. Et sinon, son Premier ministre putatif en cas de victoire à la présidentielle.

Mais ce ticket a semblé aussi être traversé de tensions ces dernières semaines, après la confirmation le 7 juillet dernier de la possibilité pour Mme Le Pen de se présenter sur la ligne de départ.

Des dissonances plus ou moins marquées sont notamment apparues sur les retraites ou l'interdiction du port du voile dans l'espace public.

/ATS