Pré-COP31: Tuvalu estime que l'Australie a outrepassé son rôle
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese a été critiqué à Tuvalu.
Photo: KEYSTONE/EPA/SARAH YENESELUn conseiller du gouvernement de Tuvalu a critiqué mardi l'Australie, indiquant à l'AFP que ce pays semblait avoir 'pris le contrôle' de la souveraineté de l'atoll du Pacifique pendant une visite de dirigeants mondiaux en prélude à la conférence de la COP31.
Le responsable, un haut conseiller ayant demandé à rester anonyme car il n'était pas autorisé à parler aux médias, a expliqué que les autorités de Tuvalu étaient déçues de la façon dont l'Australie avait géré la visite dédiée aux effets du changement climatique.
Le Premier ministre australien Anthony Albanese et un petit nombre d'autres dirigeants se sont rendus à Tuvalu, archipel symbole de la menace de la montée des eaux, et un partenaire clé de Canberra pour sa stratégie dans le Pacifique.
'Ce n'est pas parce que nous avons signé le traité qu'ils peuvent prendre le contrôle de notre pays et de notre souveraineté', a déclaré le conseiller à l'AFP. 'C'est comme ça que c'est ressenti'.
L'Australie et Tuvalu ont signé en 2023 l'Union Falepili, un traité bilatéral sans précédent qui associe la gestion du changement climatique, la mobilité humaine et la sécurité.
En vertu de ce pacte, l'Australie a ouvert une nouvelle catégorie de visa spécialement réservée aux citoyens de Tuvalu. Ce traité s'inscrit aussi pour Canberra dans le cadre des efforts pour contrer l'influence grandissante de la Chine dans la région.
Le responsable a également accusé M. Albanese de manque de respect pour ne pas avoir porté la coiffe traditionnelle de fleurs tressées, le 'fau', lors de la cérémonie de bienvenue.
'Pourquoi n'a-t-il pas porté le fau ? C'est tellement irrespectueux envers notre culture', a-t-il déclaré. 'Toutes les autres personnes portaient le fau'. L'AFP a sollicité le bureau du Premier ministre australien à ce sujet, sans obtenir de réponse immédiatement.
La visite des dirigeants mondiaux a été organisée en marge de la conférence pré-COP qui se tient à Fidji cette semaine et vise à attirer l'attention mondiale sur la réalité de la vie sur le front du changement climatique.
Le Pacifique Sud fait partie des régions du monde les plus vulnérables au réchauffement - de la montée des eaux menaçant les habitations à l'augmentation des températures entraînant le blanchissement des coraux.
Archipel corallien de faible altitude, Tuvalu est touché de plein fouet par ces phénomènes et prépare des plans de relocalisation de sa population de 10'600 habitants si le pays venait à être submergé par l'océan.
/ATS