Les sciences de la vie, moteur de l'économie romande
La productivité des sciences de la vie en Suisse romande est "plus de trois fois supérieure à la moyenne générale", selon BAK Economics. (archive)
Photo: Keystone/MARTIAL TREZZINIEn dix ans, l'emploi dans les sciences de la vie a bondi de 55% en Suisse romande, contre 18% dans le reste du secteur en Suisse et 13% pour l'ensemble de l'économie régionale, selon une étude de BAK Economics.
Ce domaine, qui regroupe les disciplines étudiant les organismes vivants, explique à lui seul 42% de la croissance économique réelle de la région. Sur le même période, soit entre 2015 et 2025, la valeur ajoutée réelle des sciences de la vie a été multipliée par quatre en Suisse romande, affichant une croissance annuelle moyenne d'environ 15%, précise BAK Economics, qui a été mandaté pour cette enquête par le Groupement Romand de l'Industrie Pharmaceutique (GRIP).
Avec une productivité par emploi de 539'000 francs, la branche est la plus prolifique de l'ensemble de l'économie romande, cette productivité étant 'plus de trois fois supérieure à la moyenne générale et près du double de celle du secteur financier'. Elle génère directement 20,6 milliards de francs de valeur ajoutée et 4,5 milliards de francs de salaires par an.
Industrie pharmaceutique, industrie des technologies médicales, biotechnologies, laboratoires, commerce de gros et sièges sociaux représentent ainsi 38'155 emplois en équivalents plein temps en Suisse romande, soit 30% des emplois du secteur dans l'ensemble du pays.
Et à travers leurs achats, leurs investissements et leur recours aux fournisseurs, les sciences de la vie soutiennent près de 45'000 emplois supplémentaires dans d'autres branches. Au total, ce sont plus de 83'000 emplois, 28,3 milliards de francs de valeur ajoutée et 9 milliards de francs de masse salariale annuelle qui dépendent du secteur en Suisse occidentale, affirme l'étude.
'Chaque tranche de 100 francs de valeur ajoutée créée dans les sciences de la vie en génère environ 40 de plus ailleurs dans la région', illustre-t-elle.
Une 'Health Valley' peu connue
La population ne semble pour sa part pas consciente de l'importance de ce domaine pour l'économie romande. Selon un sondage de gfs.bern auprès de 1700 habitants des cantons de Fribourg, Vaud, Neuchâtel et Genève, si ceux-ci sont 84% à l'estimer important pour la Suisse, ils ne sont plus que 57% à le juger de la même façon pour leur canton.
BAK Economics constate que le paradoxe est d'autant plus frappant que deux tiers des personnes interrogées (67%) savent que des entreprises du secteur sont implantées dans leur canton. 'La proximité personnelle fait en revanche toute la différence: connaître quelqu'un qui travaille dans les sciences de la vie augmente de 28 points la probabilité de juger le secteur important pour son canton', dit l'institut de recherche.
Quant à la 'Health Valley', marque de cet écosystème romand, elle n'est connue que d'une personne sur cinq en Suisse (21%).
/ATS