Économie

Chez les fortunés, la génération Z flambe dans l'art

08.10.2026 09h32

Chez les fortunés, la génération Z flambe dans l'art

La grand messe bâloise de l'art observe un rajeunissement marqué des collectionneurs actifs. (archive)

Photo: KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS

L'an dernier et au premier semestre 2026, la génération Z a dépensé sans compter dans les beaux-arts, avec des montants plus de deux fois supérieurs à ceux déboursés par les générations précédentes.

Cette année, les jeunes nés entre le milieu des années 1990 et le début des années 2010 ont même représenté près de la moitié des collectionneurs ayant acquis des oeuvres d'une valeur supérieure à 1 million de dollars, affirme une enquête d'Art Basel et UBS publiée jeudi.

L'étude relève que la génération Z accorde une importance particulière à l'unicité et à la rareté d'une oeuvre d'art, 48% de ses membres la citant comme un critère essentiel, contre 38% des baby-boomer, soit les personnes nées entre 1946 et 1964.

Toutes générations confondues, 43% des répondants considèrent ces aspects parmi les plus importants en ce qui concerne la possession d'oeuvres d'art, devant le fait de posséder des oeuvres reconnues par les experts (23%), ou admirées dans les cercles de collectionneurs (22%).

La famille constitue la voie d'entrée la plus fréquente dans le collectionnisme. Ainsi, 40% des membres de la génération Z ont indiqué que le cercle familial avait eu un rôle prépondérant à leurs débuts, contre 28% des collectionneurs dans leur ensemble.

Et près de 90% des collectionneurs de la génération Z ayant hérité d'oeuvres les ont conservées, soulignant le rôle durable de l'héritage familial dans la constitution des collections au fil des générations.

L'IA pour choisir

Les collectionneurs fondent par ailleurs de plus en plus leurs décisions d'achat sur leurs propres recherches. Chez la 'Gen Z', ils sont 80% à avoir mené des recherches indépendantes, modérées ou approfondies, avant d'avoir acheté une pièce. Ce chiffre se monte à 72% pour la totalité des collectionneurs fortunés, contre 62% en 2025.

Pour ce faire, 58% d'entre eux ont eu recours à des ressources en ligne afin d'obtenir des conseils et des recommandations. L'utilisation d'applications et d'outils d'intelligence artificielle a pour sa part atteint 22%, contre 4% en 2024.

En 2026, les beaux-arts - notamment la peinture, la sculpture, la photographie et les oeuvres sur papier - représentaient 33% du total des dépenses consacrées à l'art et aux objets de collection. Les membres de la génération Z sont du reste ceux qui ont dépensé le plus dans la quasi-totalité des catégories.

Avec les baby-boomers, ils affichent également les centres d'intérêt les plus diversifiés: au cours des douze derniers mois, 42% des collectionneurs de la génération Z et 39% des baby-boomers ont acquis des objets relevant d'au moins deux autres catégories de collection, en dehors des beaux-arts et des arts décoratifs, met en relief l'enquête réalisée par Arts Economics, cabinet de recherche et de conseil spécialisé dans l'économie de l'art, en collaboration avec UBS.

Elle note que la philanthropie et la préparation de la transmission restent des priorités importantes. Pas moins de 23% des collectionneurs fortunés ont déclaré prévoir de faire don d'oeuvres à des musées au cours de l'année à venir. De nombreux autres envisagent de soutenir des prix, des résidences d'artistes, des fondations ou des musées privés.

L'étude repose sur les réponses de 3100 particuliers fortunés issus de dix marchés clés: les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine continentale, Hong Kong, la France, l'Australie, l'Allemagne, le Japon, le Brésil et Singapour.

/ATS