Nobel: l'ONU parle de « signal fort » mais esquive sur Trump
Le haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk n'a pas souhaité dire s'il considérait le Prix Nobel de la paix pour Navi Pillay comme une réponse aux attaques du président américain Donald Trump contre la justice internationale (archives).
Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINILe haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk salue dans le Prix Nobel de la paix à Navi Pillay 'un signal très fort' pour la justice internationale, y compris pour la CPI. Il a esquivé des questions sur une réponse aux attaques de Donald Trump.
Ce prix 'est un succès collectif pour les droits humains', a affirmé l'Autrichien à la presse à Genève. 'Et pour ceux qui recherchent la justice et à établir les responsabilités dans ce monde'.
Selon lui, 'il est clair' que les mécanismes internationaux de justice sont indispensables, y compris la Cour pénale internationale (CPI). 'C'est un signal très fort que c'était décisif , surtout dans un monde alors que nous voyons tant de violations des droits humains', a-t-il insisté, saluant en Navi Pillay 'une éminente juriste' et 'sa grande soeur' à la tête du Haut-Commissariat avant lui, de 2008 à 2014.
Donald Trump n'a jamais caché sa haine à l'égard de la CPI, dont Mme Pillay a été une des juges par le passé et dont les Etats-Unis ne reconnaissent pas la juridiction. Inédit, il a décidé de sanctionner l'institution et ses employés. Washington a également fait partie des rares à ne pas soutenir à l'Assemblée générale de l'ONU la reconduction pour quatre ans de M. Türk comme haut commissaire.
Même si celui-ci peut parler plus librement étant donné que ce second mandat sera le dernier, il n'a pas répondu frontalement aux questions sur un prix qui serait une réponse au président américain. Il a toutefois rappelé les nombreuses attaques contre son bureau, contre des rapporteurs spéciaux de l'ONU et contre la CPI.
ONU fière et heureuse
Mais il a préféré relever les luttes de Mme Pillay, d'abord comme activiste anti-apartheid en Afrique du Sud, puis comme féministe et comme 'incarnation' du droit international. 'Merci Navi. Tu continues à nous inspirer, de même que des millions des personnes dans le monde. Nous gagnerons', a-t-il encore dit.
Il a également relayé 'l'émotion' et le 'bonheur' de l'ensemble des collaborateurs du Haut-Commissariat. 'Dire que c'est mérité est un euphémisme', a-t-il ajouté à l'égard de la Sud-Africaine. Auparavant, la directrice de l'information de l'ONU à Genève Alessandra Vellucci avait dit que l'ensemble de l'organisation est 'fière' et 'heureuse'.
Outre le Haut-Commissariat et son passage à la CPI, Navanethem Pillay avait présidé le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Et plus récemment, elle avait dirigé la Commission d'enquête internationale indépendante sur Israël et les territoires palestiniens. Avec ses deux collègues, elle avait affirmé l'année dernière dans un rapport que l'Etat hébreu avait perpétré un génocide dans la bande de Gaza, ce qui lui avait attiré une importante réprobation des autorités de ce pays.
/ATS