Économie

Arsenic dans des aliments pour bébés: Nestlé poursuivi aux USA

14.10.2026 18h21

Arsenic dans des aliments pour bébés: Nestlé poursuivi aux USA

Les aliments pour bébés Gerber contiennent de l'arsenic et du plomb, selon le procureur général texan Ken Paxton, qui intente une action en justice contre le géant alimentaire suisse Nestlé et sa filiale américaine. (archive)

Photo: KEYSTONE/AP/PAUL SAKUMA

Le procureur général texan Ken Paxton a intenté une action en justice contre Nestlé et sa filiale américaine Gerber Products pour avoir trompé des parents au sujet de la présence de métaux lourds toxiques dans les aliments pour bébés Gerber.

Gerber affirmait que ses produits étaient sûrs, rigoureusement testés et recommandés par les pédiatres. Or, les propres analyses de l'entreprise ont révélé des niveaux dangereux d'arsenic et de plomb.

Entre 2017 et 2019, Gerber a utilisé 67 lots de farine de riz contenant plus de neuf fois la concentration d'arsenic autorisée par le gouvernement fédéral dans l'eau en bouteille, indique le procureur général texan dans un communiqué publié mercredi.

Ses carottes présentaient jusqu'à 17 fois la limite de cadmium autorisée dans l'eau en bouteille. Ses patates douces contenaient près de 10 fois la limite de plomb. 'Gerber effectuait rarement des tests de mercure. Pendant la majeure partie de cette période, l'entreprise testait certains ingrédients plutôt que les aliments finis destinés à la consommation des bébés', affirme M. Paxton.

En 2021, le laboratoire d'État de l'Alaska a en outre détecté deux échantillons de céréales de riz Gerber dont la teneur en arsenic dépassait la limite fédérale. 'Gerber n'a émis aucun rappel ni avertissement et a continué à commercialiser ses produits. Gerber a rappelé des produits en raison de la présence de plastique et de risques d'étouffement, mais jamais pour cause de métaux lourds', relève le procureur général.

Selon lui, ces métaux sont des neurotoxines. Les agences fédérales de santé classent l'arsenic, le plomb et le mercure respectivement première, deuxième et troisième parmi les substances présentant le risque potentiel le plus important pour la santé humaine. En toxicologie médicale, il n'existe du reste aucun seuil de sécurité établi pour le plomb ou l'arsenic inorganique chez le nourrisson, en deçà duquel ils seraient totalement inoffensifs.

Promesses 'non tenues'

La filiale du géant veveysan Nestlé avait pourtant promis aux parents que ses aliments étaient sûrs et soumis à des tests rigoureux. 'Or, ses propres analyses ont révélé la présence de métaux toxiques. Lorsqu'une entreprise fait des promesses concernant l'alimentation des bébés, je la tiens responsable et veille à ce qu'elle les tienne', souligne M.Paxton.

Gerber affiche depuis lors les résultats des tests derrière un code QR sur ses étiquettes. 'Cependant, la teneur en métaux lourds des aliments est restée inchangée, tout comme les allégations de sécurité figurant sur le devant de l'emballage', ajoute l'homme de loi, qui a intenté une action en justice en vertu de la loi texane sur les pratiques commerciales trompeuses (DTPA).

Contacté par AWP, Nestlé n'était pas immédiatement disponible pour réagir.

Le groupe vaudois n'en est pas à son premier scandale en ce qui concerne la nourriture destinée aux tout-petits. En début d'année, il a émis des rappels en cascade de laits infantiles contaminés à la toxine céréulide. Début janvier, ce rappel touchait 31 pays et pesait moins de 0,5% du chiffre d'affaires du groupe. Depuis, une soixantaine de pays se sont retrouvés concernés, des avis de bébés malades s'étant multipliés notamment en Belgique et au Royaume-Uni et trois morts suspectes de nourrissons ayant bu du lait rappelé ayant été mises à l'enquête en France.

/ATS