Le long chemin de Michelle Gisin
Michelle Gisin avance pas à pas après sa grosse chute à St-Moritz en décembre dernier
Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTTLorsque la nouvelle saison commencera dans une semaine à Sölden, Michelle Gisin ne sera pas de la partie. Après sa grave chute en décembre dernier, l'Obwaldienne se remet pas à pas.
'J’aurais pu finir paraplégique.' Cette phrase de Michelle Gisin en mars dans une émission sur SRF a fait forte impression. Par ces mots, la double championne olympique de 32 ans a résumé la violence de sa chute lors de l’entraînement de descente à St-Moritz. Et elle a fait comprendre que le chemin du retour à la compétition était incertain.
La liste des blessures avait de quoi donner le tournis. Outre le genou, le poignet et l’épaule, la colonne cervicale et la cuisse ont également été touchés. Dix mois plus tard, elle se montre optimiste, mais les séquelles se font encore sentir. 'Cela va de mieux en mieux, mais il faut un peu de temps. Le chemin est encore long', a expliqué Gisin. Le défi réside dans l'accumulation des blessures en même temps: 'Un genou abîmé, c’est déjà assez grave. Mais quand autant de problèmes interviennent en même temps, c’est exigeant mentalement et parfois frustrant à l’entraînement.'
Le dos comme 'frein à main'
Alors que le poignet progresse bien et que le genou guérit, le renforcement musculaire de sa cuisse gauche demande de la patience. Pour la reconstruction, on lui a prélevé le tendon du quadriceps. Et son dos fait souvent office de 'frein à main', comme elle l'image. Si elle en fait trop à l’entraînement, son corps réclame rapidement une pause.
Le prochain grand objectif de Gisin reste son retour sur la neige. Depuis sa chute, la skieuse d’Engelberg n’a toujours pas rechaussé les skis. Gisin a dû renoncer à son projet initial, qui était de faire ses premiers virages sur le glacier à Zermatt. Idem pour son envie de retrouver la neige ces jours à Diavolezza. 'Pour l’instant, cela n’a tout simplement pas de sens', argumente-t-elle.
Mais elle envisage l’avenir avec optimisme et impatience: 'Je me réjouis beaucoup de pouvoir très bientôt chausser les skis chez moi à Engelberg. Cela s’annonce très bien, vu qu'il y a déjà eu un peu de neige sur le glacier.'
Seuls les résultats de ces entraînements sur neige permettront de déterminer comment - et si - Gisin pourra poursuivre sa carrière 'Sur la neige, je verrai comment mon corps réagit à cet effort, ce qu’il me manque encore mentalement et physiquement, et si ma tête est prête à repousser à nouveau les limites', poursuit Gisin. D’ici là, elle continue patiemment de se concentrer sur sa rééducation et sa remise en forme.
Un mariage et une rééducation
Pendant sa rééducation, Gisin a trouvé du soutien dans son entourage. Cet été, elle a épousé civilement à Engelberg son compagnon de longue date, le skieur italien Luca De Aliprandini. Au lieu d’une lune de miel classique, le couple a profité du tournoi de Wimbledon et de randonnées dans les Dolomites. 'Dès que j’ai pu sortir avec mes béquilles et me rapprocher des montagnes, j’ai réalisé à quel point c’était important pour moi', raconte l'Obwaldienne. La randonnée se passe très bien en ce moment, et les activités comme l’escalade ou le jogging léger sont à nouveau possibles.
Son kinésithérapeute, Patrick Amrhein, joue un rôle central. Non seulement il la soutient physiquement, mais il l’aide également à surmonter ses moments de découragement: 'Il s’y prend à merveille, en y mettant une touche d’humour. Les soigneurs et les kinésithérapeutes m’apportent aussi un soutien moral considérable.'
Quant à la question de fonder une famille, elle n’est pas d’actualité pour le moment. La priorité va au rétablissement physique complet. 'Il faut d’abord que mon corps retrouve la forme, le reste viendra ensuite', conclut-elle.
/ATS